T. III
jui^e ce vers bien fautif ; puis il se livre à des considérations philosophiques : " Plaisant n'est point oppose " à subliiuc ; il est opposé à sérieux. Il y a bien des " choses sérieuses qui ne sont pas sublimes. Dans une " autre signification, il est opposé à triste ; et la tris- " tesse abaisse ordinairement le cœur, au lieu de Té- " lever ('). "
Ce qu'il y a ici de singulier, c'est que ce Vl\o\. plaisant est celui dont Boileau a qualifié l'audace épique de Carel :
" O \t plaisa?it projet d'un poète ignorant.. (2) "
Nous verrons plus tard combien de sens Boileau applique à cet adjectif.
" Que toujours le bon sens s'accorde avec la rime ;
Naturellement les censeurs de Boileau devaient retourner ce précepte contre son auteur, selon leur méthode favorite. Aussi Desmarets fait-il dire à Boileau par r Oindre de Alolière :
" Dans les vers enfantés de ta sèche cervelle
" La Rime et le bon Sens souvent sont en (querelle {f). *
Nous entendrons tout à l'heure les variations de Carel sur ce même fonds de plaisanterie.
Le poète, ou rimeur, Bellocq (nommé d'abord par Boileau dans l'Epître x% plus tard remplacé par Perrin), constate les désaccords fréquents du Bon Sens et de la Rime. C'est un thème rebattu. Du reste ni les raisons, ni les rimes de Bellocq ne sont sérieuses :
\. Ladéf.des Betucx-Espriis^'^. 54.