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Mais il faut se borner.
Hoileau a condamné, en prose comme en vers, cette manie folle de ne vouloir ni penser, ni parler comme le commun des mortels. Il traduit ainsi le précepte tant de fois rappelé: iVon nova scdiiovc: " Ou'est-ce qu'une pen- " sée neuve, brillante, extraordinaire ? Ce n'est point, *' comme se le persuadent les ignorants, une pensée que " personne n'a jamais eue, ni dû avoir; c'est au contraire " une pensée qui a dû venir à tout le monde, et que '' quelqu'un s'avise le premier d'exprimer (').
La Bruyère fait aussi le portrait des pédants, précieux, raffinés, qui n'osent s'abaisser à user des idées et du style dont se servent les simples humains. C'est le portrait à^Acis:'' Que dites-vous ? Comment ? Je n'y " suis pas : vous plairait-il de recommencer ?.. . J'y suis '' encore moins... Je devine enfin. Vous voulez, Acis, " me dire qu'il fait froid : que ne disiez-vous: Il fait froid.-* " Vous vouliez m'apprendre qu'il pleut ou qu'il neige ; *' dites : Il pleut, il neige. Vous me trouvez bon visage, '* et vous désirez de m'en féliciter; dites: Je vous trouve "' bon visage. Mais répondez-vous, cela est bien uni et '' bien clair : et d'ailleurs, qui ne pourrait pas en dire " autant ? Qu'importe, Acis ? Est-ce un si grand mal *' d'être entendu quand on parle, et de parler comme '' tout le monde (^) .^ "
Non, sans doute ; mais cela est si commun !
" Évitons ces excès : laissons à l'Italie
" De tous ces faux brillants l'éclatante folie.
Boileau en veut aux raffinements d'au-delà des Alpes. Il les blâmera derechef, au second chant de la Poétique.