I. Déf. des Beaux-EspritSj p. lo
" Les yeux trouvent partout moulures et corniches, " Et figures de bronze en de superbes niches, " Frises, balcons, hors-d'œuvre et cartouches encor, " Kt cornes d'abondance à fruit, feuille et fleur d'or... " D'un marbre blanc et pur cent Nymphes bien rangées, *' De grands paniers de fleurs sur leurs têtes chargées, " Où l'art et la nature ont mis leurs ornements, •' Semblent vouloir monter aux beaux appartements. *' Leur main gauche soutient ces i)aniers magnificjues; " Leur droite tient les plis de leurs robes antiques, " Et l'art a fait changer par ses nobles efforts " Les veines de ce marbre aux veines de leurs corps."
Voilà certes des vers qui coulent ; par malheur il en coule de la sorte quatre à cinq cents ; et cet inventaire comprend une bonne partie d'un Livre de l'épopée.
" Je saute vingt feuillets, pour en trouver la fin,
Carel se permet ici plusieurs jeux d'esprit, plus une prosopopée :
** Le Satirique qui est un grand sauteur, et qui tient *' de ses camarades messieurs les Satyres, conclut par •' cette bravoure :
"Je saute vingt feuillets pour en trouver la fin.
" Admirez la richesse de cette expression et la *' science du personnage (').
Boileau exagère un peu, mais peu. Au lieu de vingt feuillets, c'est douze ou quinze qu'il faut sauter.
" Et je me sauve à peine au travers du jardin.
Nous ne voulons point que le lecteur se précipite sur les pas de Despréaux, sans avoir jeté un coup d'œil sur ce jardin :