‹ L'Art poétique (volume 2)Chapitre 130 sur 258 · I. Déf. des Beaux- Esprits^ p. lo · texte numérisé non relu

I. Déf. des Beaux- Esprits^ p. lo

" Alaric, étonné de tant de rares choses,

" Et conduit par l'odeur des jasmins et des roses,

" Par un autre escalier j.'rend un autre chemin,

" Et trouve, en descendant, un superbe jardin...

" I^artout règne à l'entour l'ombre opacjue et couverte,

" Que fait de ce jardin l'architecture verte ;

" Les préceptes de l'art y sont bien observés ;

" Cabinets et berceaux, portiques élevés,

" Bases et chapiteaux et colonnes superbes, etc.. "

Et cela recomineiice.comtne pour la^^face" du palais.

•* Fuyez de ces auteurs l'abondance stérile,

'* Et ne vous chargez point d'un détail inutile ;

*' Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant ;

" C'est cette grande recèle du Ah quid 7ii)n{s, que " M. Despréaux prescriv^ait aux poètes, aux orateurs, " aux historiens. Il ne pouvait souffrir qu'un " homme d'esprit fît de trop longues écritures, et '* semblât travailler au rôle, comme un avocat, ou un " procureur.

" C'est Horace, disait-il, qui m'a fourni ce vers de " mon Art poétique :

*' Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant ('). "

" L'esprit rassasié le rejette à l'instant.

Paraphrase du vers énergique d'Horace :

" Onine sjipervacuum pleno de pcctore manat. "

Avant Despréaux, Segrais avait formulé cette doctrine de la sobriété littéraire, et avait indiqué une cause ingénieuse de ce rassasiement, ou de ce dégoût des lecteurs.

" Il y en a, dit Segrais, qui croient que, pour être

Page 1