‹ L'Art poétique (volume 2)Chapitre 143 sur 258 · Pièces fugit. etc. 1704, p · texte numérisé non relu

Pièces fugit. etc. 1704, p

" Au mépris du bon sens, le burlesque effronté " Trompa les yeux d'abord, plut par sa nouveauté. " On ne vit plusen vers que pointes triviales ; " Le Parnasse parla le langage des Halles.

" Ail, excei)t trivial points, grew out of date, " Parnassus spoke the cant of Billingsf^ate. "

(Drvden.)

Le quatrain débuta d'abord par cet hémistiche :

" Sous r appui de Scarron ..."

Brossette nous l'apprend et dit: ** Le style burlesque fut " extrêmement en vogue, depuis le commencement du *' dernier siècle, jusque vers l'an 1660, qu'il tomba (')." Boileau traitait, de toute la hauteur de son indignation les '' misérables " œuvres de Scarron, comme il osa les appeler, devant l'illustre veuve de Scarron, et cela même au lever du roi (^).

Et pourtant Boileau goûtait le Roman comique Aw " misérable " Scarron. Son ami Racine s'égayait franchement à la lecture de \ Eîiéïde travestie ; et Boileau dit un jour à Louis Racine : " Votre père avait quel- *' quefois la faiblesse de lire Scarron et d'en rire ; *' mais il se cachait bien de moi pour cela (^) !

1. Ce résumé d'histoire n'est pas exact. Le burlesque, en France, ne fut point en vogue, ou même ne fut point connu avant les belles années de Corneille et la création de l'Académie.

2. Louis Racine a consigné ces deux anecdotes cruelles, dans ses Mémoires sur la vie de son père. L'auteur d'^//!<3://c conduisait chez M'""^ de Mainlenon l'auteur de la Poétique. " Ils s'entretenaient un jour avec " elle de la poésie ; et Boileau déclamant contre le goût de la poésie " burlesque, qui avait régné autrefois, dit dans sa colère : Heureusement " ce misérable goiit est passé, et on ne lit plus Scarron, même dans les " provinces. — Son ami chercha promptement un autre sujet de conver- " sation ; et lui dit, quand il fut seul avec lui : — Pourquoi parlez-vous "devant elle de Scarron.^ Ignorez-vous l'intérêt qu'elle y prend.'' — " Hélas ! non, reprit-il ; mais c'est toujours la première chose que j'ou- " blie quand je la vois. " — L'autre fait ressemble à celui-ci.

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