L. R. Mémoires, etc
Balzac avait eu aussi la faiblesse de lire Scarron et d'en rire, avant de répudier solennellement le burlesque dans ses I: ni retiens. Le i*^'' janvier 1645, il écrivait à Costar : " Monsieur, le livre que vous *• m'avez fait tenir, de la part de M. Scarron, est un '* présent qui m'est bien cher, et que j'ai sujet d'esti- " mer bien fort. D'abord, il m'a servi de remède " et m'a soulagé d'une oppression de rate qui m'allait " étouffer, sans ce secours venu à-propos. J'espère " qu'il fera davantage, si j'en use plus souvent.
*' Il se peut qu'il me guérira de mon chagrin sérieux '' et de ma triste philosophie : peut-être que j'y appren- " drai à rimer des requêtes et des légendes et que je " deviendrai gai par contagion. Voilà, sans mentir, ** un admirable malade.
Malgré cette cure merveilleuse, Balzac se repentit bientôt d'avoir lu avec trop de plaisir les pages trop joyeuses de Scarron. Il aimait, comme Malherbe, la langue française, qu'il avait tant travaillée ; effrayé des ravages exercés par le burlesque, il résolut d'opposer une digue sérieuse à ce débordement de folies. Je transcris le récit de Vigneul-Marville: ** M. de Balzac, à qui '' la langue française a tant d'obligations, voyant sur ** la fin de ses jours (') que le style bicrlesque faisait " de grands progrès et qu'on n'écrivait presque plus " ni en prose, ni en vers, que dans ce style-là, pria le " P. Vavasseur d'écrire sur ce sujet. Ce savant jésuite, '' que le style burlesque choquait autant que son ami, " se mit en devoir de le satisfaire, et commença l'ou- ** vrage : Francisci Vavassoris, S. J. de Liulicra Di- '* ctione Liber, in quo tota jocandi ratio ex Veteruni " scriptis aestimatur.Lutetiae Parisioruni apicd SebasL '' Cramoisiuni, i6j8, in-quarto (^). "