Aventures â Italie
2. Il les commence par cette préface : " Je suis le héros véritable de " mon Roman, qui, après avoir longtemps vogué contre vent et marée " sur une mer orageuse, ai finalement attrapé un heureux port. Celui qui " m'a conduit en ce port est un Dieu ; celui qui m'y a accueilli est un roi *' et le génie qui m'y conserve est un ange. Bien des méchants en crèvent *' de rage, saint Hubert les guérisse ; et bien des sots en sont au déses- " poir, Dieu les console, etc. " (Éd. Colombey, p. 9.)
Dans se^s Avoifjivcs, d'Assoucy narre, (Mitre mille autres choses, comment à neuf ans, il fut jjris pour un magicien à Calais ('), comment un filou dans le coche d'Auxerre le dépouilla de ses effets et hardes, comment lui-même d'Assoucy passa pour filou, comment il lui mis en prison à Montpellier, puis se sauva en terrepapale dans Aviornon. C'est là que Chapelle et Bachaumont le rencontrèrent pendant leur {axwvxxx voyûi^e ; on leur avait parlé du pauvre homme sur leur route ; on leur avait dit qu'il sentait le fagot. — "Le soir que nous '* prenions le frais sur les bords du Rhône, par un beau " clair de lune, nous rencontrâmes un homme qui se " promenait, qui nous sembla avoir l'air du sieur " d'Assoucy ; son manteau qu'il portait sur le nez " empêchait qu'on ne le pût bien voir au visage. Dans " cette incertitude, nous prîmes la liberté de l'accoster " et de lui demander :
" Est-ce vous, Monsieur D'Assoucy ?
— " Oui, c'est moi, Messieurs, me voici. "
A quoi le pauvre homme ajouta :
" Vous me voyez sur le pavé
" En désordre, malpropre et sale ;
" Aussi je me suis esquivé,
'* Sans emporter paquet ni malle :
" Mais enfin me voilà sauvé.
" Car je suis en terre papale. "
I. D'Assoucy raconte ainsi son enfance, dans la pièce intitulée : La Prison.
" Les sots enfants de mon quartier ** A six ans me jetaient la pierre ; *' A neuf ans, petit écolier, " Chez un peuple rude et grossier, " Je fus, allant en Angleterre, ** Pris à Calais pour un sorcier. " (Ibid., p. 452.)
D'Assoucy retrace en un autre ouvrage ses Aventures iV Italie, puis ses Pensées dans le saint office de RoniCy c'est-à-dire dans les prisons de l'inquisition ; enfui ses misères dans la prison du Châtelet, qu'il appelle "la boîte aux cailloux "et " la plus puante " prison qui fut jamais. " Il était confiné en ce triste séjour, quand Boileau écrivait le " tout trouva'. Boileau ne s'exposait guère en lançant ce dard poétique contre le pauvre empereur du Burlesque. Mais d'Assoucy sortit de la boîte aux cailloux :
*' ....IVjli comme un miroir,
" Blanc comme un cygne et l'ame neUe (') : "
Il le dit lui-même ; et le gazetier Robinet le montre rendu au jour :
" Glorieux et blanc comme ivoire (^). "
— Cyrano de Bergerac, rival en sottise (^) de l'infortuné poète joueur de luth, a fait une caricature, dont voici quelques traits arrangés, coordonnés, ou même embellis par M. Fournel (f). " Cyrano nous le '' représente comme un laid petit homme, fort sale et *' fort puant, se rapprochant beaucoup de la physiono- '' mie du singe et du magot ; aux dents longues, au "nez retroussé; impie, libertin, bavard; jasant et " frétillant sans intervalle, si bien qu'on eûtcru volon- " tiers que sa parole était le son produit par le mouve- " ment perpétuel de ses nerfs desséchés, résonnant " comme les cordes d'une aigre guitare. Il était gueux, " avare, tricheur au jeu, criblé de dettes et toujours