Les Grands Jours^ etc. Éd. Chéruel, p
2. Molière, Parisien, exerça ses talents tout d'abord en Province.
** monsieur de Corneille, monsieur de Rotrou ('), *' monsieur de Saint- Amant et monsieur de Henscrade". Puis il essaye une apologie de sa province, à lui : '* L'Anjou n'est pas situé au-delà du cercle polaire, ni " dans les déserts d'Arabie, et ne ressemble pas à ces " îles qui ne sont habitées que de magots, de monstres ** et de barbares.
Fontenelle qui cite le cas du poète gentilhomme d'Anjou, tire de là cette conclusion : '' Il est assez *' remarquable qu'il y ait eu un temps, où l'on se soit ** cru obligé de faire ses excuses au public de ce '' qu'on n'était pas Normand (')." Fontenelle avait cet avantage, comme ses oncles Pierre et Thomas.
Le poète Petit- Val avait écrit à Saint-Amant (non sans une pointe de malice), à propos du grand Corneille :
" Saint-Amant, ne crains plus d'avouer ta Patrie,
" Puisque le dieu des vers est né dans la Neustrie (^). "
En 1662, le brave Chapelain s'étonnait à demi de ce que les femmes eussent de l'esprit, ou d'autres bonnes qualités, ailleurs qu'en Normandie. Il écrivait, à propos de M^^^ de la Trousse : " Ce n'est pas un " petit miracle, de voir une dame qui n'est pas née '* en Normandie, spirituelle, de goût délicat, civile, '' discrète, intelligente, comme est celle-ci... (^) " En 1689 , madame de Sévigné, la plus spirituelle des parisiennes, rendait à la terre normande un hommage qui rappelle celui dont le sieur de la Pinelière
1. Les œuvres et la mort de Rotrou ont fait trop d'honneur à Dreux sa patrie, pour que la Normandie le réclame ; c'est une erreur du poète angevin.