‹ L'Art poétique (volume 2)Chapitre 182 sur 258 · N"« édit., 2^ P., ch. ni · texte numérisé non relu

N"« édit., 2^ P., ch. ni

" pourquoi le choix en est absolument nécessaire. •* Deux choses font rejeter les termes et les rendent *' désagréables: une idée choquante, et la rudesse de la '' projioHciafion (').

On sait comment Boileau, égaré poétiquement dans les mots peu harmonieux qui résonnent aux bords du Rhin, se sauve de l'Yssel dans un îlot du Zuyderzée. Mais par bonheur, en France, le choix des syllabes harmonieuses était, paraît-il, au temps de Boileau, moins un travail qu'un plaisir. Voici comme un familier de Boileau proclamait ou chantait l'harmonie des mots français : " Le français est infiniment éloigné de la " rudesse de toutes les langues du Nord, dont laplu- '' part des viols écorcheîit le gosier de ceux qui parlent, ** et les oreilles àç.cç,ux qui écoutent. — " Ces doubles '' W, ces doubles FF, ces doubles KK, qui régnent *' dans toutes ces langues-là ; toutes ces consonnes " entassées les unes sur les autres, sont horribles à " prononcer et ont un son qui fait peur. Le mélange '* des voyelles et des consonnes dans le français, fait " un effet tout contraire. Nous n'avons point d'aspira- *' tion forte, ni aucune de ces lettres, que les doctes '' novL\ïnç,x\i gîùthirales. Il n'y a rien de plus agréable '' à l'oreille que notre E muet, que toutes les autres '' langues n'ont point, et qui finit la plupart de nos '' mots.

'' ... Notre langue... n'a ni la dureté de la langue *' allemande, ni la mollesse de la langue italienne " etc.. {') "

Le moyen après cela, de ne pouvoir choisir des mots harmonieux !

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