‹ L'Art poétique (volume 2)Chapitre 183 sur 258 · I. Trad. de PÉyiéide^ préf., p · texte numérisé non relu

I. Trad. de PÉyiéide^ préf., p

3. Entretiens cCAriste et d'Eugène, 1671. II* entr. p., 66 à 68,

-ît

** Fuyez des mauvais sons le concours odieux.

Le même P. Bouhours écrivait, juste au même moment que Boileau : " Nous avons delà peine à souffrir '' la rencontre des voyelles qui ne se mangent point, " quand elle a quelque chose de choquant ; et nous "avons mieux aimé établir un solécisme, en disant " mon âme, mon épée, que de dire, selon les règles de " la grammaire : ma â?7te, ma épée (').

On connaît la querelle de Malherbe avec des Yveteaux, pour un " concours odieux "de syllabes dans leurs vers. Des Yveteaux critiquait, comme '' chose désagréable à l'oreille ", les trois syllabes ma, la, pla, mises à la suite dans un alexandrin. — '* Et vous, lui '' répondit Malherbe, vous avez bien mis: /^, ra, bla, " la, fia. — Moi ? reprit des Yveteaux; vous ne sauriez '' me le montrer. — N'avez-vous pas mis, répliqua *' Malherbe : comparable à la flamme (^) ?

" Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée,

" Ne peut plaire à l'esprit quand l'oreille est blessée. "

Axiome renouvelé de Cicéron(^) et toujours vrai. La Fontaine, qui s'entendait en doux langage, fait remarquer,dans la préface de ses Fables, qu " il n'y a point '' de bonne poésie sans harmonie. " L'oubli trop fréquent de cette vérité dans les vers de la Pticelle, égaya Despréaux en vers et en prose. Pour imiter '' l'âpre et " rude verve " du pauvre poète qui '' rima malgré " Minerve, " Despréaux, aidé de Racine et de Molière i^), composa le vers effroyable : " Froid, sec, dur, rude auteur... "

I. Enir. Ibid., p. 66. — 2. Tallemant, Hist., t. I, p. 275-6.— 3. Orator ch. XLIV. — 4. Ou, selon Louis Racine, de M. de Puimorin, frère de Boileau.

La dureté des vers de Ch.-ipelain — c'est Brossette qui parle — " était pour M. Despréaux un fond iné- " puisable de plaisanteries. Il fit les vers suivants, à " l'imitation de Chapelain :

" Droits et roides rochers, dont peu tendre est la cime, " De mon flamboyant cœur l'âpre ctat vous savez ; ** Savez aussi, durs bois, par les hivers lavés, " Qu'holocauste est mon cœur pour un front magnanime.

" Ils sont extraits de divers endroits du poème de la Puce lie ('). "

Dans le Dialogue des Héros de Roman, Despréaux imitant Aristophane, fait comparoir par devant Pluton et Diogène, la pauvre Pitcelle de Chapelain, et l'oblige à réciter quelques vers du rude Poème. Elle déclame un passage, qui se termine par ce quatrain :

" Pour toi puissé-je avoir une mortelle pointe,

" Vers où l'épaule gauche à la gorge est conjointe :

" Que le coup brisât l'os, et fît pleuvoir le sang

" De la tempe, du dos, de l'épaule et du flanc. "

En entendant ces rocailleuses syllabes, Pluton se récrie :

** Quelle langue vient-elle de parler }

Diogène,

** Belle demande ! Française.

Pluton.

'' Quoi ! c'est du français qu'elle a dit ? Je croyais " que ce fût du bas-breton ou de l'allemand. Qui '* lui a appris cet étrange français-là }

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