Jug. des Sav.^ t. IV, p
Ronsard, écrivait Balzac ('), avait jadis été mis par le président de Thon et par Scévole de Sainte- Marthe, *' à côté d'Homère, vis-à-vis de Virn^ile, et je ne sais '' combien de toises au-dessus de tous les autres poètes " grecs, latins et italiens. Encore aujourd'hui, il est " admiré par les trois quarts du parlement de Paris, " et ^généralement par les autres parlements de France. ' L'Université et les Jésuites (^) tiennent encore son " parti contre la cour et l'académie.
'* ... Je me brouillerais avec mes parents et avec mes *' amis, si je leur disais qu'ils sont en erreur de ce '' côté-là. "
Ronsard avait eu non seulement un " heureux destin ", mais la plus enviable fortune. Vers le temps où le pape Clément VIII appelait le Tasse aux honneurs du Capitole, Ronsard, l'idole de son siècle, voyait des têtes couronnées s'incliner devant son génie. Charles IX lui disait :
" Je puis donner la mort ; toi l'immortalité. "
Elisabeth d'Angleterre, qui pouvait, hélas ! elle aussi, " donner la mort " — elle le prouva trop bien — admirait notre Ronsard peut-être plus qu'elle n'admirait son Shakespeare.
L'académie des jeux Horaux de Toulouse décerna une Minerve d'argent au grand poète; la reine Marie Stuart fit plus ; elle nomma Ronsard " Apollon ! " Cette généreuse et infortunée victime d'Elisabeth offrit à Ronsard un buffet de deux mille écus. Parmi les ornements de ce buffet se voyait un vase en forme de rosier, représentant le Parnasse; et sur ce Parnasse fleuri, un Pégase; le tout accompagné de ce vers :