‹ L'Art poétique (volume 2)Chapitre 210 sur 258 · L'usage · texte numérisé non relu

L'usage

** Et VOUS, dans qui la force et la douceur égale " Charma toute la Cour et fit tant de jaloux, '* Du Perron^ vous cédez à cette loi fatale,

" Et l'on n'y parle plus de vous.

" Vous-même dont la Muse autrefois souveraine,

" Se fit si longtemps adorer

" Sur les bords heureux de la Seine, " Malherbe^ on y commence à moins vous admirer ('). "

Il est vrai que ces affirmations poétiques trouvèrent un contradicteur. Le " gros Charpentier " de l'académie s'indigna de ces plaisanteries latines. — " Un *' autre (c'est le P. Commire, dont Charpentier cite les *' vers) avance... que Ronsard, qui est appelé le Père " de la langue française (^), écorche maintenant les '* oreilles délicates de son jargon barbare ; — que ** Desportes n'est plus qu'un rustre, qu'un Pitault, et " qu'à peine trouverait-on présentement un sou de ses " vers, qui lui donnèrent autrefois dix mille écus de *' rente ; — que du Perron est tout à fait tombé ; — " qu'on n'admire presque plus la poésie de Ma/herbe...

" Mais je ne lui saurais pardonner d'avoir si mal " traité monsieur Desportes.., Il en est de même de " ce qu'il dit de Ronsard, du cardinal du Pe7'ron, de " Malherbe... Ronsard et du Perron ont véritable- " ment aujourd'hui l'air antique ; mais l'un n'est point " barbare et l'autre n'est point tombé tout à fait... " Quant à la diminution de gloire qu'ils supposent aux *' écrits de Malherbe... elle n'est encore arrivée que " dans leur imagination [^).

En 1686, le modeste Juvénal de Rouen, Le Petit,

Page 1