‹ L'Art poétique (volume 2)Chapitre 209 sur 258 · Ibid.., p · texte numérisé non relu

Ibid.., p

SIO

Bertaut est aujourd'hui comme Desportes, dans la catéfrorie des célébrités vieillies. Les Recueils citent pourtant plusieurs jolies stances de Bertaut dont la plus connue est celle-ci :

" Félicité passée " Qui ne peux revenir, " Tourment de ma pensée, " Que n'ai-je, en te perdant, perdu le souvenir (')? "

Déjà au temps de Boileau, la gloire de ces grands hommes déclinait, comme celle de Ronsard. C'est du moins ce que déclarait, en vers latins, le poète jésuite Commire :

" Rotisardus maie barbaro " Molles auriculas murmure vulnerat,

" Dictus Franciacae pater " Linguae. Quis modo non unius aestimet

" Assis, vendita millibus " Terdenis opici carmina Porteil

" Et jam, Perronide^ jaces ; " Jam, Malherbe^ tuos Sequana parcius " Miratur numéros.... "

Le texte porte en regard cette paraphrase :

" Ronsard^ au sentiment de ce tyran bizarre (^),

" Blesse aujourd'hui d'un son rude et barbare " L'oreille accoutumée à de plus doux accents. " Il n'a plus le don de lui plaire, " Lui, qui, sur la foi de son temps, " De la langue française est appelé le Père. " Desportes, qui jadis reçut dix mille écus

" D'un seul sonnet écrit en sa manière, " Trouverait-il vingt sols d'une Iliade entière, " Écrite comme on n'écrit plus ?

1. Le Recueil des plus belles pièces {2X1 observer que messieurs de Port- Royal goûtèrent si bien " quelques couplets de chanson " de Bertaut, qu'ils en mirent " un dans leur commentaire sur Job ".

Page 1