‹ L'Art poétique (volume 2)Chapitre 215 sur 258 · I. De la conn. des bons Liv.^ 167 1, p · texte numérisé non relu

I. De la conn. des bons Liv.^ 167 1, p

" et l'an climatérique l'avait surpris délibérant si erreur " et doute étaient masculins ou féminins. Avec quelle " attention voulait-il qu'on l'écoutât, quand il dogma- " tisait de l'usage et de la vertu des particules (') !

Les anecdotiers veulent que Malherbe ait joué ce rôle jusqu'en son agonie, et que, même alors, il ait tancé sa servante, ou ^2^ garde-malade, ou son hôtesse, pour avoir négligé la grammaire.

Mais ce législateur, qui biffa le style grégeois de Ronsard, n'a-t-il pas plus d'une fois, lui aussi, ronsardisé 1 Par exemple, lorsqu'il dit :

" Et toutes les faveurs humaines " Sont hém'erocalles d'un jour (^) ! "

Et:

" • ■ "Ne tiens point ocietises

•' Ces âmes ambitieuses... {f) "

" N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée.

Le second hémistiche est la traduction du '' pur gâtant aurem'' d'Horace.

Selon Boileau et plusieurs conteurs, nous devons, en partie, la douceur des vers malherbiens à l'oreille " épurée " d'une servante, dont Malherbe prenait conseil : " On dit que Malherbe consultait sur ses vers *' jusqu'à l'oreille de sa servante (f). " Le poète, aidé de cette oreille rustique, évita le '' concours odieux des sons pénibles et des heurts trop brusques. Pourtant, à y regarder de bien près, on découvrirait même chez lui des chocs dignes de Chapelain. Par exemple :

" Nature fait bien quelque effort,

" Qu'on ne peut condamner qu'à tort (s). "

I. Socrate Chrétien, Disc. X'"^. — 2. Ode à M. de la Garde, 1628. — 3. Ode au Roi Henry le Grand. — 4. Boileau, Réfî. crit., Réfl. I. — 5. Consolation,

Et:

" Mais parmi tout cet heur, ù dure Destinée, " Que de tragiques soins, comme oiseaux de Phinéc, *' Sens-je me dévorer (') ! "

Ou encore :

" Celui qui ne s'émeut a l'âme d'un barbare, " Ou n'en a du tout point (^). "

" Les stances avec grâce apprirent h tomber.

Malherbe a intitulé stances plusieurs de ses petites pièces. Au xvii^ siècle, on appelait ordinairement de ce nom italien (f) les divisions de l'ode solennelle ou gracieuse. Après en avoir exposé les lois minutieuses, le Père Mourgues disait: " C'est de toutes ces sortes ** de Stances qu'on fait les Odes, les Éloges, les petites '' descriptions, et généralement les Pièces qui ne sont " pas d'une fort longue étendue. " Au même endroit, le même auteur déclare que nos Stances ont *' beaucoup ** de rapport" avec les 5'/'r6'/>//^i' des Grecs et des Latins (■^). Chapelain, jugeant une des premières Poésies de Racine, dit : " L'ode est fort belle, fort poétique, et *' il y a beaucoup de stances qui ne peuvent être " mieux (f). " Boileau, annonçant au même Racine son œuvre pindarique sur la prise de Namur, écrivait : " L'ode sera de dix-huit stances /cela fait i8o vers. Je *' ne croyais pas aller si loin (^). " Nous avons remplacé les i-^^/^^^i* p3.r \qs s t7^ûj> /les, en gardant le titre de stances aux monologues lyriques, comme dans le C/a^Qt Polyeucte.

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