I. Hist. de l'Acad.j éd. Livet, 1. 1, p. 120, etc
" jcimbent l'un sur l'îiiitrc n'étaient pas bons en notre " poésie. Toutefois j'ai connu depuis le contraire, par " la lecture des bons auteurs grecs et romains ,
" comme :
Lavinia venit
'' Lit fora {'). "
Aussi, à l'imitation d'Homère et de Virgile, Ronsard imagina des rejets; comme celui-ci, choisi dans le iv^ Livre de la Franciade :
" Ses étendards, déshonorés de trois
" Crapauds — prendront pour marques honorées
" En champ d'azur des fleurs de lis dorées. "
Malherbe proscrivit ces singeries maladroites de la poésie métrique. Néanmoins, même après Malherbe, nos alexandrins ont eu de ces heureuses témérités, que le goût et l'oreille autorisent. Toujours isolés, défilant toujours un par un, toujours décorés d'un signe de ponctuation à la fin de leurs douze pieds, ils seraient de la plus parfaite somnolence. Boileau luimême a tel enjambement dont il le faut louer :
" J'ai quatorze bouteilles
" D'un vin vieux (^). "
Mais ces licences, justifiées par im effet produit et voulu, sont clairsemées chez Boileau. On compterait vite les vers de Boileau qui n'ont ni point, ni virgule, après leur dernier mot.
La Fontaine se donne d'autres allures. Il multiplie l'enjambement dans ses vers toujours harmonieux, et tombant toujours là où il faut. Le P. Mourgues, qui a dressé un code rigide de l'enjambement, reconnaît que ces licences '' sont plus supportables dans les Fables, " et surtout dans les vers-de cinq pieds, à la façon de