‹ L'Art poétique (volume 2)Chapitre 232 sur 258 · Liv. vm · texte numérisé non relu

Liv. vm

" de fleurs; qui s'enflent néanmoins quelquefois, jus- " qu'à inonder toute la campagne. Mais la lani^ue " française est comme ces belles rivières, qui enri- '• chissent tous les lieux par où elles passent ; qui,- " sans être ni lentes, ni rapides, roulent majesiueuse- •' ment leurs eaux, et ont un cours toujours égal ('). "

'• Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,

Comme la Tortue du bon homme, qui " se hâtait " avec lenteur ", se moquant des bonds capricieux du Lièvre.

L'honnête Brossette souligne naïvement l'expression de Boileau : " hâtez-voiis lentement " ; " Ce mot " renferme un grand sens. Il était familier à l'empereur " Auguste, à l'empereur Titus, et à plusieurs autres " grands hommes : ^Tivi>^i Boa^éw:, festina lente. Voyez ** les adaofes d'Erasme. "

Horace fournit à Boileau toutes ces maximes sur la correction lente, reprise maintes fois, sans découragement, durant de longs jours :

"... Carmen reprehendite^ quod non

" Mulia aies et milita litura coercuit^ atque

" Fraesectum decies non castigavit ad unguem'\{^)

" Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ;

Horace, au lieu du " métier " dit 1' ** enclume " / au lieu de tisser ses vers, il les forge. Cette correction essayée " vingt fois", Boileau la pratiquait pour son propre compte. Dès sa deuxième satire, il avait pris cette résolution héroïque :

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