‹ L'Art poétique (volume 2)Chapitre 231 sur 258 · Préface des Caract · texte numérisé non relu

Préface des Caract

2. Se. X. — L'abbé de MaroUesavait essayé une traduction de \'irgile, en vers. Il en aurait fait presque deu.K cents " stans pede in tnio ". Les vers, disait-il un jour, ne me coûtent rien. Quelqu'un répliqua: " Ils vous " coûtent ce qu'ils valent. " La plaisanterie n'est pas neuve, mais juste.

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Mais, chose non moins curieuse, il paraît qu'on trouve dans une page de Pellisson cet alexandrin tout entier:

^^ J'aime ffiieux un misseau qui^ sur la molle arbie ('). "

" Dans un pré plein de fleurs lentement se promène, '* Qu'un torrent débordé qui, d'un cours orageux, '* Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.

Horace avait comparé Lucilius à ce torrent... " LtttulentîLS erat ". — Ménage veut aussi que la poésie soit moins un torrent, tombant, comme celui de La Fontaine, " avec grand bruit et grand fracas (^), " qu'un ruisseau fleuri: Si quelqu'un s'imagine " que la " grande poésie ne consiste qu'à dire de grandes choses, " il se trompe. Elle doit souvent, je le confesse, se " précipiter comme un torrent, mais elle doit plus *' souvent encore couler comme une paisible rivière (^)."

Pas trop '' paisible ". Car alors, elle ressemblerait à celle de La Fontaine '' image du sommeil... ", source du sommeil aussi. — Ces trois images du torrent, de la rivière et du ruisseau, je les rencontre sous la plume coulante du P. Bouhours. Il s'en sert, pour peindre les caractères distinctifs des trois langues et des trois littératures dérivées du Latin: " L'Espagnol, à mon '' avis, ressemble à ces fleuves, dont les eaux sont " toujours grosses et agitées; qui ne demeurent guères '* renfermés dans leur lit; qui se débordent souvent, et '' dont les débordements font un grand bruit et un " grand fracas. L'Italien est semblable à ces ruis- " seaux, qui gazouillent agréablement parmi les " cailloux; qui serpentent dans des prairies pleines

T. V. Œuv. de Boil. Édit. de Ménard, t. I, p. 323. fable 23. — 3. Disc, sur les Œuv. de Sarrasin., p. 20.

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