‹ L'Art poétique (volume 2)Chapitre 239 sur 258 · ojfune Théol.^ L. II, p. 419. — Cité par Brossette · texte numérisé non relu

ojfune Théol.^ L. II, p. 419. — Cité par Brossette

" les petits esprits qui croient faire le mieux. Les plus *' grands poètes sont les plus modestes (')." La preuve en est faite par Molière. Boileau lisait devant Molière sa deuxième Satire, où il insère cet éloge d'un " esprit sublime " :

" Il plaît à tout le monde et ne saurait se plaire. "

" En cet endroit, Molière dit à notre auteur, en lui " serrant la main : Voilà la plus belle vérité que vous " ayez jamais dite. Je ne suis pas du nombre de ces " esprits sublimes, dont vous parlez; mais tel que je " suis, je n'ai rien fait en ma vie, dont je sois vérita- " blement content (^).

Santeuil, plus naïf qu'ignorant, dérogeait à cette loi; il admirait franchement ses œuvres. " Il l'avoua même '' un jour, chez Thierry, à M. Despréaux, qui lui dit : " Vous êtes donc le seul homme extraordinaire, qui ** ait jamais été parfaitement content de ses ouvrages. *' Alors Santeuil, flatté par le titre à' homme extraordi- " naire, et voulant faire voir qu'il ne se croyait pas in- " digne de cet éloge, revint au sentiment de M. Des- ** préaux, et convint qu'il n'avait jamais été pleinement '' satisfait des ouvrages qu'il avait composés {f).

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