Ep. L. I. Ep. I. — Ed. Lef. p
2, L. Petit, Discours satyriques et inoraicx j Rouen, 1686; sat. IV, p 30-
originaux, et qui appartiennent en propre à Boileau, sont ceux où il traite :
i^^ De la rime ;
2" Du genre burlesque ;
3° De l'hémistiche et de l'hiatus ;
4° De la correction.
On peut regretter qu'il n'ait rien dit :
jo De la poésie en général ;
2" De l'invention poétique ;
3° Des différents mètres français. Il aurait pu en cela imiter Horace, quand Horace se joue à définir l'iambe et le spondée; Despréaux semble ne connaître que l'alexandrin. Tout au moins aurait-il pu détailler davantage les défauts de notre vers héroïque ; par exemple, il aurait dû proscrire, comme l'enjambement et l'hiatus, ces assonances pénibles des vers léonins, que l'on trouve si fréquemment dans les œuvres de Despréaux lui-même.
40 II faut regretter surtout le peu d'importance qu'il donne à notre vieille langue ; et
50 L'exécution sommaire, méprisante, injuste, des auteurs venus cent ans avant lui.
Mais, à part quelques vers ** mal arrangés ", à part ces répétitions fastidieuses des adverbes " toujours, ''jamais, souvent'' ou autres, Boileau enseigne par
I exemple \ Art des vers, qu'il chante et cultive.
Il tend au bon sens et il tâche d'y conduire. Il est ennemi de tout dévergondage de pensée ou de style.
II est le poète élégant, soigné, '' bien disant ", faisant siennes les nombreuses idées qu'il emprunte, mettant chaque chose en lumière avec le mot juste, avec la netteté et la souplesse de nos vrais classiques.
Point d'écarts, point de nuages ; ni trop bas, ni trop haut.
On pourrait, \ la fin de ce Chant où il préconise la raison, écrire les deux premiers vttrs du quatrain, que Le Verrier fit graver sous le portrait de Boileau :
" Au joug de la Raison asservissant la Rime, " Et même en imitant toujours original ".
N'est-ce point là Boileau tout entier ?