V. plus bas, Traductions
'* qu'Horace donna de son temps sur la même matière. '* Notre Poésie, beaucoup plus variée que celle des " Latins, a pris différentes formes qui leur étaient " inconnues : ainsi la sagesse antique ne fournissait " que des conseils généraux; le caprice moderne " demandait des leçons qui lui fussent propres.
*' Tout le monde sait comment M. Despréaux y a '* réussi. Son Art Poétique, amas prodigieux de règles " et d'exemples, est lui-même un poème excellent, " un poème agréable, et si intéressant, que, quoiqu'il " renferme une infinité de choses qui sont particulières *' à la Langue, à la Nation et à la Poésie française, il a '' trouvé en Portugal un traducteur du premier ordre " dans la personne de M. le comte d'Ericeyra ('). "
Fontenelle, peu prodigue de compliments envers Boileau, regardait X Art Poétùptc comme l'apogée de la versification française : " Nous voyons par \ Art Poé- *' tique, et par d'autres ouvrages de la même main, que " la versification peut avoir aujourd'hui autant de no- '' blesse, mais en même temps plus de justesse et " d'exactitude qu'elle n'en eut jamais (^).
Louis Racine estimait, prônait, vengeait, avec amour, le grand travail du meilleur ami de son père. Il appelait Y Art Poétique : 1' "ouvrage le plus parfait que '' nous ayons dans la Poésie française (^) ". Il le comparait aux Géorgiques de V^irgile et concluait en mettant les deux auteurs sur la même ligne : " Ces " deux ouvrages admirables prouvent donc que des " Poèmes didactiques peuvent mériter justement à " leurs auteurs le titre de Poètes et de grands
1. Eloge de M. Despréaux, par M. de Boze. Hist. de V Acad. royale des Inscript, et B. Z., t. III, p. 297.