Dktioîuiaire philosophique^ Art Poétique
" Desprcaux ne pouvait guère que retracer les mêmes " préceptes, mais il le fait en homme inspiré par les ** Muses. Chez lui tous les principes brillent de la plus " vive lumière chacun à leur place; et le génie de chaque ** genre le saisissant au moment qu'il en traite, du *' précepte même il trouve souvent le moyen d'en *' faire l'exemple (').
Cela est banal, comme tout ce qui sort de la plume de Batteux : mais tout cela répond aux principes de déférence professés par les survivants des classiques à l'égard de leur dictateur. La Harpe bataillait avec autant d'emphase que de conviction en faveur de l'y^r/ Poétique. Voici le jugement qu'il en portait, dans son Cours de Littérature :
" Cet excellent ouvrage, un des beaux monuments '' de notre langue, est la preuve de ce que j'ai eu occa- ''sion d'établir plus d'une fois, qu'en général la saine " critique appartient au vrai talent ; et que ceux qui *' peuvent donner des modèles sont aussi ceux qui " donnent les meilleures leçons.
'' C'était à Cicéron et à Ouintilien à parler de l'élo- *' quence ; ils étaient de grands orateurs : à Horace et '' à Despréaux de parler de la poésie ; ils étaient de "" grands poètes. Que ceux qui veulent écrire en vers " méditent l'^r/ /^^//^"^^^ de l'Horace français; ils y " trouveront, marqué d'une main également sûre , le " principe de toutes (?) les beautés qu'il faut chercher, " celui de tous (^.) les défauts dont il faut se garantir. ** C'est une législation parfaite, dont l'application se " trouve juste dans tous les cas ; un code imprescrip- *' tible, dont les décisions serviront à jamais à savoir " ce qui doit être condamné, ce qui doit être applaudi . . .