J. AUTRAN
'ŒUVRE de Boileau est et sera longtemps, selon l'expression usée, îtn ôî^ajtdon de disco7'de. Depuis deux cents ans, il ne peut y avoir de dissensions littéraires, sans que le nom de Boileau n'y devienne un drapeau, ou un mot d'ordre, ou une injure. Bel argument, pour qui voudrait refaire le travail proposé par l'Académie de Nîmes.
Au sortir du déluge de boue et de sang, où tant de
grandeurs sombrèrent, le xix^ siècle vit renaître les
anciens débats autour de la constitution poétique
de 1674. Dès 1802, l'Institut National affichait ce
sujet de thèse : Eloge de Boileati. Un jeune littérateur
de vingt-cinq ans, futur créateur de plusieurs épopées,
M. Viennet, écrivit cet éloge avec tout l'entrain
et le lyrisme dont il était capable : '' Tes ennemis ont
' reparu, Boileau !... Rappelle-toi de (sic) ton siècle.
' Compare et gémis avec (sic) le petit nombre de tes
' imitateurs que la France possède encore. Hélas ! ce
' sont peut-être les dernières colonnes d'un édifice qui
' s'écroule (') ! "
Disons par avance que, durant ses 90 ans de vie, M. Viennet fut une des colonnes " dont la masse ''solide" soutint "ce temple ruineux". En 1855, malgré ses 78 hivers, le nouveau Ronsard chenu (') interpellait Despréaux en ''séance publique de l'In-