AI. Viennet a fait aussi une Franciade
" stitut"; et avec une fougue déjeune homme, invoquait cette vieille divinité au secours du bon sens et de la langue, tous deux, selon lui, en grand péril :
" Viens lire à ces Ronsards ton code poétique !
'' Nous sommes trois à i)eine, en ce siècle anarchic^ue,
*' Qui, te prenant pour guide, au risciue de broncher,
*' Sur tes pas glorieux essayons de marcher.
" Eh! quels cris sont les leurs! Dieu sait comme on nous traite(^).
L'épique Viennet, ce contemporain de Voltaire, égaré au milieu du xix^ siècle, fut traité cependant un peu moins mal que son ancêtre Despréaux. Quels éclats de rire, quelles insolences neuves ou renouvelées, quelle verve d'écoliers en belle humeur, poursuivirent sa vieille charte, son prénom de Nicolas, sa ''perruque", pendant cette aurore et ce réveil qu'on appela le Romantisme.
Pourtant, même à cette heure-là, Despréaux recruta
des défenseurs. A leur tête marchait l'Institut, qui
proposait l'apologie de Boileau à ses lauréats. Et, à
cette occasion, un partisan du passé défiait ainsi les
détracteurs ''du grand homme": " L'Éloge de Boileau
' proposé par l'Institut, est un sujet très propre à
' échauffer les beaux esprits, et à faire réfléchir les
' penseurs...
" Pour nous, qui ne disputons de prix à personne ' que celui de la vérité, nous nous permettrons de ' dire aux écrivains du siècle des lumières, qu'il y a ' entre eux et Boileau une petite différence ; c'est ' qu'aucun des leurs n'a jamais su faire trente vers de ' suite entièrement irréprochables, soit pour le style, ' soit pour les idées, tandis que, dans tout \Art Poé- ' tique, vous ne trouverez pas une seule tache (-). "