Tableau de la Litt,fr. depuis ijSçjusqîià iSo
2. Nouv. Art Foél.,poème en un Chant, 2^ édit. Paris 1809; préf.,p. 3
et 4
PROLEGOMENES. 77
Cendant de toute l'antiquité plus ou moins récente, surtout de Despréaux :
" Mais pour vous faire un nom avoué de Minerve,
" Suivez aveuglément l'élan de votre verve;
" Méprisez les devoirs que Boilcau vous prescrit;
" De CCS vieux préjugés dégagez votre esprit ('). "
" Pourtant si vous voulez observer nos ancêtres,
'* Étudiez Boileau parmi tous ces grands maîtres;
" La route cju'il indicjue est bonne à consulter,
" Moins pour la parcourir (jue pour mieux réviter(^)."
Et le réformateur confirme le principe par de nombreux exemples. Au rebours des vers de Boileau :
^'' Faiies-vous des amis prompts à vous censurer ...,^^
le nouveau Mentor insinue cette méthode plus neuve :
" Choisissez des amis, dont la douce indulgence " Goûte de vos écrits l'heureuse négligence. "Donnez-leur, un beau jour, pour vous encourager, " Avec un dîner fin, tous vos vers à juger (3). "
A rencontre de tout le premier Chant de Boileau, voici des préceptes conformes au goût de 1809 •
" Voulez-vous du public arracher les suffrages,
" De mots retentissants ornez tous vos ouvrages (4)."
" Il faut d'abord savoir à des vers ampoulés
" Ajouter à propos les points accumulés ! ! ! ! ! !! !(5). "
Viollet-le-Duc, en vengeant Boileau, rappelle souvant samanière. Même allured'expressions et de forme; le Nouvel Art Poétique mérite d'être relu.
En 1804, Andrieux fit jouer une petite pièce historique intitulée: Le souper d Auteuil o\i Molière avec ses amis. Un des critiques les plus écoutés sous le premier Empire, s'empara de cette conjoncture, pour proclamer les droits, selon lui, toujours incontestables de Boileau.
I. Ibid., p. 10. — 2. Ibid., p. 20. — 3. Ibid., p. 21. — 4. Ibid., p. 24. — 5. Ibid., p. 8.
Geoffroy " saluait en Boileau, suivant l'antique formule, " le Législateur de notre Parnasse, le chef de notre " littérature, le fondateur de notn^ école poétique. " Puis il poursuivait :
" Son Art Poc^tiijiic sera la règle et le code éternel *' des auteurs à venir ; et tandis qu'une foule d'ouvra- * ges brillants et dangereux n'offrent presque que des " erreurs et des défauts à éviter, les écrits de Boileau '' fourniront à jamais des leçons et des exemples. Ce " poète de la raison et du goût sera dans tous les âges " un guide fidèle et sûr pour tous les jeunes gens '' entraînés par une noble ardeur dans la carrière des " lettres... Et je dirais volontiers à tous les nourris- " sons des Muses :
" Que ses sages écrits, par la 7'aison dictés,
" Ne quittent point vos mains, jour et nuit feuilletés.
" Boileau est donc l'homme qui a rendu les services " les plus essentiels à la littérature; c'est le Mentor *' universel, c'est la loi ('). »
Pourquoi faut-il (c'est comme une nécessité) que les avocats du " poète de la raison ", se livrent au lyrisme du galimatias et des rengaines ? Si Boileau est toujours attaqué, cela ne vient-il pas un peu, de ce qu'il est toujours si mal défendu ?
En 1817, un "• professeur de la faculté des Lettres '* à l'Université de France " fit à Boileau l'injurieux honneur de vouloir le continuer. A cette fin, il essaya une Poétique secondaire (^). Dussault puisa dans cette mince circonstance la matière d'une harangue, où il célébrait les bienfaits passés, présents et futurs de XArt Poétique. Voici une page de ces emphases ;