I. Epîtres et satires, 5*^ édit., p
2 M. Delalot, Spectateur franc., t. II, p. 513.
" Pas une seule tache ! " vous entendez.
Joseph Chénier, frère du dernier des poètes classiques, définissait alors le susdit Art Poétique : " Ce " chef-d'œuvre, qui ne produit pas les poètes, mais qui ' les forme et qui les inspire (')." \J Art Poétique, un chef-d'œuvre inspirateur ! voilà qui était bien fait pour divertir pendant un mois les jeunes barbes de la nouvelle école.
Vers le même temps, Viollet-le-Duc publiait (1809), en vers bien tournés, une ingénieuse plaidoirie en faveur des lois de Boileau, si décriées. Sa pièce a pour titre : Nouvel Art Poétique et semble, à première vue, prendre tout le contrepied de l'ancien. Mais la pensée transparaît vite. C'est une satire des hardiesses romantiques. L'auteur raconte, dans sa préface, qu'il a fait la rencontre d'un ''charmant professeur de littérature", lequel, entre autres propos, lui a donné les conseils suivants : " Une des choses qui contribuera le plus à '' votre gloire, c'est de n'estimer que vous, et de vous '' mettre sans façon au-dessus de tous ces hommes '' fameux, qu'on a la vieille habitude d'admirer. Ces *' conseils vous étonnent, et j'admire votre innocence! '* Faut-Il donc vous dire que personne ne connaît plus "" Horace ? qu'on ne lit plus Boileau? Il est cependant *' facile de s'en apercevoir... " (^) Après ce beau début ** l'honnête professeur" dévoile au jeune rimeur '' tous "' les secrets d'un art que ses prédécesseurs avaient ** mal connu. " C'est de ces révélations que Viollet-le- Duc composa son poème. Naturellement une des premières règles de l'art nouveau est un oubli trans-