I. Dussault, A7înales Littéraires , 26 avril
comme parle Dussault. La besogne devient rude, à mesure surtout que la renaissance romantique gagne du terrain, et que l'émeute d'//<?;7/<^;// se fait proche. L'école soi-disant classique, fille timide du xviii^ siècle, et l'école entreprenante, qui se réclamait du moyen âge et de l'Allemagne, rompaient des lances au sujet du " petit code constitutionnel ". L'Allemagne, par la voix du plus célèbre critique d'alors, se montrait peu favorable aux théories de \A?'l Poétique français. Schlégel écrivait en 1809 : *' Despréaux croyait que " l'essentiel dans la poésie était la diction et le méca- *' nisme du vers, et non l'inspiration élevée et la noble '' vérité (') ". Schlégel forçait la note; mais l'année suivante, madame de Staël revenait à la charge ; elle reprochait à Boileau d'avoir, ni plus ni moins, tué la poésie française : " Boileau, tout en perfectionnant le •' goût et la langue, a donné à l'esprit français (l'on ne "" saurait le nier), une disposition très défavorable à la " poésie. Il n'a parlé que de ce qu'il fallait éviter ; il " n'a insisté que sur des préceptes de raison et de *' sagesse, qui ont introduit dans la littérature une sorte *' de pédanterie très nuisible au sublime élan des *' arts (^) ". Pour mieux faire ressortir sa pensée, Madame de Staël mettait au compte de XArt Poétique tous les vers faits, depuis cent ans, sur la chimie, le trictrac et les échecs.
Ce fut là le thème remanié, allongé, outré, par les indisciplinés de 1820 ou de 1830. Néanmoins les chefs du romantisme ne parlèrent d'abord qu'avec respect et réserve contre cet ancêtre importun. Ils lui firent courtoisement le salut, avant de lui courir sus et de le pourfendre de leur flamboyant estoc. Chateaubriand