Littérature et philosophie mêlées, t. I
** L'ode a les fers aux pieds, le drame est en cellule. " Sur le Racine mort le Campistron pullule ! ** Boileau grin(;a des dents ; je lui dis : Ci-devant, " Silence ! "
Plus même de voix pour s'expliquer, ou pour se plaindre ! V. Hugo ne sait-il plus ce quatrain de Nicolas Despréaux :
" Et s'il ne m'est permis de le dire au papier, " J'irai creuser la terre, et, comme ce barbier, " Faire dire aux roseaux par un nouvel organe : " Midas, le roi Midas, a des oreilles d'âne ('). "
V. Hugo n'en a cure ; il passe outre, et grimpé ''sur la borne-Aristote ", — il continue :
** Oui, de l'ancien régime on a fait tables rases ;
" Et j'ai battu des mains, buveur du sang des phrases,
" Quand j'ai vu par la strophe écumante, et disant
" Les choses dans un style énorme et rugissant,
'* \JArt Poétique pris au collet dans la rue (^). "
Pauvre Art Poétique ! il n'avait jamais reçu de si rudes coups. Les disciples de ce " Danton " du Parnasse (c'est le titre que V. Hugo se décerne) imitèrent sa témérité, son langage, ou même les dépassèrent (3). Théophile Gautier est vraiment un modéré, quand il définit Boileau : " esprit juste, mais étroit, critique " passionné et ignorant si l'on en excepte la littérature *' ancienne ; poète qui parle toujours de vers et de '' rime et jamais de poésie, adroit arrangeur qui n'a '* peut-être pas dans toute son œuvre quatre lignes