‹ L'Art poétique (volume 2)Chapitre 72 sur 258 · Art Poét. L. I · texte numérisé non relu

Art Poét. L. I

Vauqiielin veut, lui aussi (il le déclare au 5'- vers), enseiofner " l'art âvs vers ". Et il dit au roi Henri III :

" Sire, je rontc ici... cjucls auteurs, quelle trace,

" Il faut suivre, (jui veut grimper dessus Parnasse ('). "

Pour l'un et l'autre, il s'agit d'arriver aux cimes du Double-Mont. V'auquelin y " grimpe " ; Despréaux *' pense" en *' atteindre la hauteur".

Ce qu'on sait le mieux de Y AH PocHiquc, c'est le commencement. Mais d'aucuns le récitent un peu trop comme Petit-Jean débitait celui de son plaidoyer. La mémoire fait tort à l'intelligence. Combien ont répété: Cest C7i vain quan Parnasse..., sans prendre garde à l'entortillement de la phrase et de l'idée! La meilleure critique de ce début est celle qui consiste à le traduire en prose : Cest en vain qitun auteur témdraire peiise atteindre la hantcur de r art des vers an Parnasse. Franchement, si Boileau eût pris la peine de faire cette version, n'eût-il pas aperçu là un peu du galimatias de la Pucelle, ou du fatras de Brébeuf .'^ Ces deux rimes faciles : auteur et hauteur, qui ont l'air d'un jeu de mots, auront entraîné sa plume.

'* Aie Parnasse.. y Depuis la Renaissance, jusqu'au xix^ siècle, la poésie s'appela /^/^^?r;/^^5^; l'inspiration s'appela : Les Muses, Apollon, Pégase, Hippocrène, le Permesse, comme la mer s'appelait N^eptnne, la guerre Mars ou Bellone, et le vent Eole. Toutes les productions légères qui grossissent les recueils du xvii'' siècle répètent cette mythologie, avec mille et une variations. Nous entendrons, dans le chant m, Boileau plaider chaudement la cause des divinités grecques et romaines. Nous y examinerons ses raisons et les argu-

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