Discours au Roi^v
** à toutes les heures. Il faut cjue j'attende les moments " favorables ('). "
Une remarque de style. Boileau dit : Dan^ son génie éf7'oif... Au xvii^' siècle, le mot ^/;//^ o^ardait le sens du latin ingcninni. A la fin du siècle. La Bruyère écrivait des esprits forts : " Ils ne sont plus des esprits " forts, mais de faibles ^tO^/V^ et de petits esprits (). " — Aussi Boileau ne refuse point un certain^^////^ à ses victimes littéraires. Il octroie, de bonne orrâce, \ç. génie, même à l'abbé Cotin : '*Je veux bien aussi avouer qu'il y a du génie dans les écrits de Saint-Amant,
T. Lettre, ràgj. — Boileau, dans ces vers et dans cette prose, et dans toutes ses œuvres, donne l'exemple des rè<:^les qu'il a établies (ch. III), pour l'emploi des fictions et de la Fable. Tout cela ressemble exactement aux petites élucubrations des recueils poétiques du xvii'^ siècle. Partout on a vu Phébus et invoquée la docte cohorte des neuf Sœurs, Pé;^ase hennit dans toutes ces rimes vieillies. D'Assoucy écrivait au Duc de Saint- Aignan: " Il n'est " point de si petit poète, qui n'ait... son Pégase à l'étable (*) "; hélas ! et dans ses œuvres.
Il y a toutefois, çà et là, une ou deux exceptions. Citons-en une. Tandis que Despréaux composait son Art poétique, et recommandait le culte du Parnasse, de Phébus et d'autres antiquités, en l'an de grâce, 1673, La Fontaine — qui certes n'était pas un saint — s'affranchissait, pour un moment, des inepties mythologiques. Suivant une expression du vieux Vauquelin delà Fresnaye, La Fontaine montait " dessus un vrai Parnasse. " Il débutait, en son petit poème : La captivité de Saijit-Malc^ par cette invocation :
" Reine des esprits purs, Vierge, enfin je t'implore.
** Fais que dans mes chansons aujourd'hui je t'honore ;
" Bannis-en ces vains traits, criminelles douceurs,
" Que j'allais mendier jadis chez les Neuf-Sœurs.
" Dans ce nouveau travail mon but est de te plaire (**)."
Il est, pour le moins, curieux d'entendre La Fontaine et Despréaux, à la même date, chanter, l'un la Reine du Ciel, l'autre les Piérides et le " ménétrier " de 1' " Hélicon menteur (***). "