‹ L'Art poétique (volume 2)Chapitre 94 sur 258 · Réflex. etc., p. 7 et · texte numérisé non relu

Réflex. etc., p. 7 et

'* heureux en qui le génie supplée au savoir, et dont " les ouvrantes ne sentent ni la contrainte ni l'étude (')." La contrainte n'allait point au nonchaloir du marcjuis auteur des Bcrocrics et des jolies stances de la Retraite. Quant à l'étude, elle ne fut jamais son fait. Tout le monde en convient ; et Racan est en cela de l'avis de tout le monde.

Chapelain, dans sa liste des poètes français, apprécie sévèrement la facilité et l'absence de travail chez le bucolique Racan : " Il n'a aucun fond, et ne sait que " sa langue, qu'il parle bien en prose et en vers. Il *' excelle principalement en ces derniers, mais en *' pièces courtes, et où il n'est pas nécessaire d'agir ** de tête ..."

Costar, dans sa liste, dressée à la même époque que celle de Chapelain, dit : " De Racan : Le premier " poète de France pour le satyrique (c'est-à-dire, le ** bucolique). Il a si peu de naturel pour le latin, qu'il *' n'a jamais pu apprendre son confiteor, et il dit qu'il " est obligé de le lire lorsqu'il va à confesse. " — En effet, Racan écrivait à Chapelain: " Je suis encore bien *' souvent réduit à prendre mes heures, pour dire mon " confiteor à confesse ('). "

Racan faisait — en français — au chantre de la P//^^//^? cette confession littéraire : '* Encore que je me

* serve quelquefois assez heureusement des figures de

* Rhétorique, dont je ne sais pas le nom, c'est plus

* par hasard que par science, puisque je n'ai jamais

* su comprendre la différence qu'il y avait entre une ' comparaison et une métaphore, ni discerner le pré-

* térit d'avec l'aoriste (^)."

Page 1