Et ne sauraient souffrir qu'une
[autre ait les plaisirs Dont le penchant de l'âge a sevré leurs [désirs.
Tartufe, 1,1.
5. On a reproché plus d'une fois à Boileau ce «peut-être»; et tout moliériste lui en veut des restrictions qu'il semble mettre à l'éloge de Molière.
Oserons-nous dire que Boileau a rai-
Quitté, pour le bouffon, l'agréable et le fin,
Et sans honte à Térence allié Tabarin.
Dans ce sac ridicule où Scapin s'enveloppe,
Je ne reconnais plus l'auteur du Misanthrope. /OO
Le comique, ennemi des soupirs et des pleurs, N'admet point en ses vers de 'tragiques douleurs; Mais son emploi n'est pas d'aller, dans une place, De mots sales et bas charmer la populace1. Il faut que ses acteurs badinent noblement; 405 Que son nœud bien formé se dénoue aisément; Que l'action, marchant où la raison la guide, Ne se perde jamais dans une scène vide2; Que son style humble et doux se relève à propos; Que ses discours, partout fertiles en bons mots, 410 Soient pleins de passions finement maniées; Et les scènes toujours l'une à l'autre liées. Aux dépens du bon sens gardez de plaisanter3.» Jamais de la nature il ne faut s'écarter :
Contemplez de quel air, un père4, dans Térence, 415
Vient d'un fils amoureux gourmander l'imprudence;
De quel air cet amant écoute ses leçons,
Et court chez sa maîtresse oublier ces chansons.
Ce n'est pas un portrait, une image semblable;
C'est un amant, un fils, un père véritable. 420
J'aime sur le théâtre un agréable auteur Qui, sans se diffamer5 aux yeux du spectateur, Plaît par la raison seule, et jamais ne la choque; Mais, pour un faux plaisant, à grossière équivoque, Qui pour me divertir n'a que la saleté, 425 Qu'il s'en aille, s'il veut, sur deux tréteaux monté, Amusant le Pont-Neuf de ses sornettes fades, Aux laquais assemblés jouer ses mascarades6.
son? Mais nous demanderons ce que l'on trouve de spirituel ou de comique dans les intermèdes de M. de Pourceauguac, ou dans la cérémonie du Bourgeois ge-Uillinmnie, ou dans celle du Malade imeginaire. En vérité, il est étrangement plaisant que l'on puisse reprocher à Corneille la virilité de ses héroïnes, par exemple, ou à ttacine la fadeur de quelques-uns de ses «jeunes premiers ». mais que l'on ne puisse pas librement parler de Molière.