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LES HABITANTS

Pour apprécier le caractère et Futilité de ces transformations, il est indispensable d'indiquer par qui le Palais a été habité. C'est la partie vécue de son histoire.

M. Hustin la retrace rapidement. Il rappelle que Marie de Médicis, qui était venue s'installer au Luxembourg

avant rachèvement des travaux, en 1622, dut l'abandonner en i63i, pour prendre la route de l'exil.

De i63i à 1C46, le Palais resta inoccupé. A cette dernière date, Gaston d'Orléans, fds de Marie de Médicis, à qui celle-ci avait légué le Luxembourg, vint s'y installer après une transaction avec son neveu Louis XIV. Il y resta jusqu'en i652, jusqu'à sa relégation au château de Blois, y menant une vie d'intrigue et de libertinage, collectionnant les œuvres d'art.

A sa mort, en 1660, ses deux fdles, M"'® de Guise et ]Vr^® de Montpensier, la grande Mademoiselle, qui avait rêvé d'épouser son cousin, Louis XIV, et qui n'épousa que Lauzun, et, d'autre part^, la duchesse d'Orléans se disputèrent la propriété du Palais. Leur différend ne prit fin qu'en i665, à la suite de l'intervention du Roi qui divisa le Palais entre Madame et Mademoiselle, mais en stipulant qu'il retournerait après elles au domaine royal.

A la mort de Mademoiselle, en 1698, le Luxembourg passa aux mains de M'""^ de Guise et, en 1696, quand celleci disparut, en celles du roi, qui n'y logea que des hôtes de passage : le duc de Mantoue notamment.

En 1715, le régent, qui avait hérité du Luxembourg, l'abandonna à sa fdle, la duchesse de Berry, qui s'y livra à toutes sortes de débauches jusqu'à sa mort en 1719.

De 1725 à 1742, ce fut s'a sœur, la reine d'Espagne, qui s'y installa dans Faile Est, qu'on venait enfin d'aménager.

En 1760, M. de Tournehem, directeur des bâtiments civils, installa dans la galerie de cette aile où Rubens avait reçu mission d'écrire l'histoire de Henri IV, une exposition permanente de tableaux — il y en avait 96 — qui fut ouverte au public le i4 octobre. Elle fut fermée en 1781, sur l'ordre du comte de Provence, plus tard

MONUMENTS ET MANUFACTURES

Louis XVIII, qui avait reçu le Luxembourg en apanage, en 1778, de Louis XVI.

Devenu propriété nationale en 1791, le Luxembourg fut transformé, sous la Terreur, en maison de détention. Sous le Directoire, Barras habita le pavillon ouest en bordure de la rue de Vaugirard et y donna des fêtes galantes restées célèbres. Puis vinrent le Sénat conservateur, la Chambre des Pairs, et, en 1848, la Commission d'organisation du Travail.

Au Sénat du second Empire, succéda la Préfecture de la Seine et enfin, en 1879, le Sénat de la troisième République.

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