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LA BUVETTE

Nous voici maintenant dans la buvette du Sénat, une vaste pièce prenant jour par deux fenêtres sur le jardin. Cette pièce servait autrefois de chambre à coucher à Marie de Médicis. Face aux fenêtres, un lit d'apparat à colonnes. Côté de la rue de Vaugirard, une cheminée monumentale, avec des chenets d'argent qui étaient célèbres. De tout cela il ne reste plus rien, pas môme la cheminée. Un panneau à glace l'a remplacée. Et là où pétillait la flamme, s'aligne un comptoir où la buraliste du Sénat vend Iç tabac

MONUMENTS ET MANUFACTURES

de nos manufactures nationales. Le mur du fonda été enlevé. Ghalgrin en a supporté la partie supérieure, qui a été conservée, à l'aide de deux colonnes de porphyre. Au plafond, Jadin, peintre d'animaux fort en vogue au milieu du siècle dernier, a peint le lever de l'Aurore. Entre les colonnes, un groupe de PoUefc, exposé au salon de i854, Achille et Déidamie. Dans un évidement, une statue de Persée, dont Tauteur est absolument inconnu, et qui a eu des infortunes, car elle a été brisée en une dizaine de morceaux lors des aménagements du premier Empire.

Et, puisque nous sommes dans la buvette, laissez-moi' détruire une légende qui veut que les membres des Chambres voyagent et se restaurent aux frais des contribuables. C'est de leurs deniers qu'ils paient l'abonnement sur tous les réseaux : c'est de leurs deniers qu'ils paient les rafraîchissements qu'on leur sert. Tous les mois, sur l'indemnité parlementaire, il est fait une retenue. C'est le produit de cette retenue qui alimente le budget dit de la buvette, sur lequel sont payés et l'abonnement, et les fournitures de la buvette, et... sur les économies réalisées, les dons faits en fin d'année aux bureaux de bienfaisance de Farroadissement au milieu duquel s'élève le Luxembourg.

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