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LE GRAND ESCALIER D'HONNEUR ET RURENS

Les toiles dans lesquelles Rubeiis avait raconté la vie de Marie de Médicis étaient placées entre chacune des fenêtres

MoNtMÈNTS ET MANUFACTURÉS

de la galerie transformée par Clialgrin. Sans refaire ici riiiâtoire de celte suite incomparable, il faut bien, au passage, saluer la mémoire du maître d'Anvers qui, pendant près de deux siècles, illumina cette localité du Palais et rappeler que nous devons à... un sonnet ces 24 toiles. Marie de Médicis, en effet, sur les indications de Claude Maugis, curé de Saint-Ambroise, avait chargé un peintre français, Quintin Varin (né à Beauvais vers i58o) qui avait donné des leçons au Poussin, aux xindelys, et peint pour l'église Saint-Jaques la Boucherie un Saint Jacqiies- Borromée perdu depuis la démolition de cette Eglise. Mais Quintin Yarin était lié avec un poète crotté du nom de Durant, qui rimait des épigrammes contre la cour. Durant fut pendu. Quintin Varin prit peur et se sauva. Vainement on le chercha. Lasse d^'at tendre, la reine, pour le remplacer, choisit Rubens de préférence à l'italien Josépin, que lui proposait le cardinal de Richelieu. Rubens vint a Paris en janvier 1622 pour s'entendre avec la reine sur ce grand œuvre. En un an, il exécuta neuf de ses toiles à Anvers. Le reste, il l'acheva à Paris, dans un atelier qui lui avait été aménagé dans le Luxembourg même, probablement dans la galerie Est, où il avait accepté de peindre, en pendant, la vie de Henri IV, soit 48 toiles pour 20.000 écus.

Rubens a été, dans les premières années du xix" siècle, enlevé au Palais où il brillait sans atours pour faire la gloire du Louvre dans la salle pour lui architecturée par M. Redon. Avec lui, le Luxembourg a perdu son grand trésor d'art et sa physionomie picturale du xvii" siècle.

Le grand escalier droit que Ghalgrin a construit en jetant bas les voûtes et le plafond de la galerie, en taillant dans l'épaisseur du mur de Salomon Debrosse les co-

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L*Al\T POUR tous

loiines qui font mine cle porter un plafond en voussure où s'est exercé le goût décoratif du premier Empire, ne saurait nous consoler de cette perte.

En en gravissant les marches, on oublie volontiers les graves personnages qui allaient, en costume chamarré, siéger sur les bancs du Sénat conservateur. On pense toujours à Rubens. On i^evoit au-dessus de la porte que Chalgrin a ouverte dans l'axe de la galerie, là où se dressait une cheminée d'apparat, et, au-dessus de cette cheminée, le portrait de Marie de Médicis, et, au-dessus des deux portes latérales, les portraits de son père et de sa mère. Ces portes latérales, sont bouchées. Des panneaux en tapisserie de Beauvais en marquent la place, comme des panneaux des Gobelins tiennent la place des Rubens ! Tapisseries intéressantes à coup sûr, placées là il y a vingt ans, par M. de Chennevières, en oubliant un peu que dans cet escalier de pierre, la sobriété de la pierre pouvait seule assurer la sévère harmonie de l'ensemble.

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