‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 110 sur 183 · Bill, mon., t. XXII, p · texte numérisé non relu

Bill, mon., t. XXII, p

2. La belle et vertueuse Eiiiniie, lille de Clotaire II, ne voulait d’autre époux que Jésus ; mais son père étant décidé à la marier, elle pria Dieu de la défigurer — que n’imitait-elle sainte Lucie, qui s’arracha les yeux pour le même motif ? Un eczéma généralisé couvrit aussitôt tout son corps, mais une révélation lui apprit qu’elle trouverait la guérison dans les eaux d’une source jaillissante à l’endroit où se trouve Sainte-Enimie. La princesse fut guérie, mais chaijue fois qu’elle s’éloignait de cette fontaine miraculeuse, la maladie de peau récidiv ait. Elle fonda un monastère qui subit quelques vicissitudes après sa mort ; les religieuses de ce couvent menaient une vie si déréglée que l’évêque de Mende les chassa et les remplaça par des bénédictins.

i/art i‘uofank a L’KnLisr:

Le tombeau de Jean Olivier, évêcjue d’An^^ers, mort eu loiO, auteur du poème latin de la Pandore^ est orné de bas-reliefs sur

lesquels se coudoient, dans une promiscuité curieuse, mais peu catholique, Alexandre et Sémiramis, Romulus et Rhéa, Hercule et Cléopâtre, etc. ; nouveaux exemples de Lintrusion du paganisme dans l’art chrétien. Il est vrai, nous le savons, qu’on peut voir dans Hercule la personnification de la Force ^ l’une des vertus cardinales.

Un médaillon de la Rose, de Robin d’Angers, reproduit des scènes de la Résurrection^ où s’étirent des femmes nues, à côté d’un pape — parfaitement — d’un évêque et d’autres tonsurés, en costume de ressuscités (fîg. 349).

Une verrière de la nef, chaudement enluminée, déroule la passion de sainte Catherine d’Alexandrie. On arrache les seins de la martyre avec des crocs rougis au feu ; puis elle est fouettée, toute nue : ses cheveux en sont verts de peur.

Les Ponts-de-Cé. Saint-Maurille. — Les stalles proviennent de l’église prieurale de la Haie-aux-Bons-Hommes-lès -Angers. Parmi les sujets plaisants sculptés sur les miséricordes, notons (la onzième du côté de Lépître) une nonnain voilée « velée », la bouche fermée par un cadenas. Dans le pays, on appelle cette bamboche, sainte Babille. C’est une satire contre l’incontinance verbale féminine:

Bien ne pèse tant qu'un secret Le porter loin est difficile aux dames.

On voit aussi un centaure muni d’un bouclier et des monstres aquatiques, à tête humaine, de Lun ou l’autre sexe.

Les tapisseries de la cathédrale interprètent les scènes del Apocalypse. La 12® pièce montre la Mort sur un « cheval pâle ». Son squelette décharné est enveloppé d'un suaire flottant ; elle tient un

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