‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 111 sur 183 · MAINE-ET-LOIRE · texte numérisé non relu

MAINE-ET-LOIRE

glaive pour frapper tous les hommes, par l épée, la famine, la maladie et les hétes sauvag-es.

A la 24® pièce, auprès de saint Jean, une demi-douzaine d hommes nus succombent, pour avoir bu des eaux amères changées en absinthe.

2® Saint-Nicolas. — Le Musée du Mans a hérité, de cette église détruite, un chapiteau singulier (fîg. 350) qui symbolise V Antagonisme du Bien et du Mal ou V Impureté. Il représente une fille d’Eve vêtue, qui laisse passer sous sa guimpe, deux vigoureuses mamelles, auxc{uelles s'attachent un serpent et un animal à forme de crapaud monstrueux. On remarque, en plus, que l’aumônière de V Avarice est attachée au cou de ce personnage, qui paraît ainsi symboliser à la fois plusieurs péchés capitaux.

3® Saint-Serge. — Sur une clef de voûte est sculpté et enluminé un sujet énigmatique. C’est un personnage barbu et chevelu, comme le Père Eternel, qui tient un corps nu sur chacun de ses bras ?

Beaufort-en-Vallée. — Un tableau de V Annonciation.^ par Antoine Talcourt, passe pour représenter la Vierge sous les traits de Mme de Montespan. Et pourquoi pas ? n’ont-elles pas eu l’une et l’autre de nombreux enfants? D’ailleurs, l’épouse morganatique de Louis XIV ne rougissait pas d’afficher son effigie en lieu saint; elle était même coutumière du fait. Nous la retrouverons au maître-autel de la chapelle du palais de Fontainebleau, en l’une des Vertus théologales, ni plus ni moins. D’après M. Joseph Denais l’ange Gabriel est représenté par le duc du Maine. M. le vicaire A. Delepine a bien voulu nous confirmer l’existence de cette toile curieuse ; mais elle n’a jamais été photographiée ni reproduite.

CuNAULT. 1® Eglise paroissiale. — Plusieurs représentations de

1. Rapporta \a Réunion des Sociétés des Beaux-Arts ; Interm. des chercheurs et des curieux; Chron. méd.

i/art profane a i/i^:r,Lisi:

néréides, symbole de l’ame chrélieiine purifiée par le sacrement du baptême (lig*. 351-352); un pécheur ou un passag*er, dans une

barque, reçoit un poisson de Tune d’elles. Ces monstres marins décorent fréquemment les édifices relig-ieux du Poitou.

Sur des peintures murales, sont figurées les Sibylles , prophétesses païennes qui passent pour avoir annoncé la Conception, la Nativité, etc. La Gimmérienne (du Pont-Euxin) tient un cornet ou biberon et prédit V Allaitement de Jésus par Marie, comme Lun des quatrains des anciens livres d’IIeures le rappelle en un style naïf:

Fi}

OOO.

Fig-. 354.

Sibile Gyemeria,

Aa^ée de xvi i j ans, a dit

Que la Vierge alertera

Son enfant sans nul contredit.

2"^ Cloître de Saint- Aubin. — Détails de sculpture à allure ultraréaliste. Un centaure, qui tire de Parc, est doté d’organes virils

hypertrophiés (fig. 353), et un oiseau fantastique, à tête humaine coiffée d’une couronne, reçoit les caresses d’une courtisane (fig. 354).

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