XLIX. — MANCHE
Moxt-Saiat-Miciiel^l Abbaye.
— Bas-relief du xvi®, Jésus retire les âmes des Limbes (fig. 355).
En tête, apparaissent Eve et Adam , celui-ci avec une barbe de patriarche ; dans un coin, une âme féminine, capiteuse, se déchire le sein droit, tandis que, du côté opposé, Satan tire la langue de rage et de dépit.
1. Sur un pilier est gravée, en creux, l’épitaphe, composée par le bon roi René d’Anjou, pour sa nourrice, dame Thiephaine : la reconnaissance du ventre.
2. Attenait à la communauté de Fontevraull, dont Gabrielle de Rochechouart, une des sœurs de Mme de Montespan, était abbesse. A l’automne de sa vie, l’exfavorite, comme le diable, se lit ermite, et vint se retirer dans une maisonnette appelée le Jagueneau, qu’elle lit construire au fond du jardin de cette communauté. Ses chemises, ses draps, étaient de toile écrue et grossière; elle portait des jarretières et une ceinture, en guise de corset, hérissées de pointes de fer; les grains du rosaire remplaçaient les perles de ses riches colliers.
3. L’église de cette commune possédait une ceinture de la Vierge qui jouissait d’une grande réputation auprès des femmes enceintes. Elles s’en faisaient ceindre pour obtenir une heureuse délivrance ; aussi, dit Rodin, « c’est une espèce de lanière assez malpropre ». Anne d’Autriche l’utilisa à Saint-Germain lors de ses grossesses miraculeuses; mais, depuis, elle a perdu son prestige. Sic Irnnsil...
4. An temps où le Mont-Saint-Michel était consacré à Rélénus, l’iin des (juatre grands dieux des Gaulois, il y avait là un collège de druidesses. Elles vendaient aux marins des flèches destinées à calmer l’orage, à la condition qu’elles fussent lancées par un adulte de vingt et un ans, possesseur de sa virginité — ce qui était bien diflicilc à vérifier. Après la traversée, à l’arrivée du vaisseau au port, le jeune
Urville. — Chapiteau occupé par un centaure qui décoche une ^ flèche contre un cerf.
Bouïteville. — Chapiteaux avec chimères et serpent bicéphale, dévorant les entrailles d’un homme emprisonné dans ses chaînes.
Mamtinvast (fîg*. 356). — Tollevast (fig. 357). — Sai^t-Marcou (fig‘.358). — Modillons couverts de fantaisies outrancières symbolisant,si l’on veut, la Luxure. La hgure 357, avec la bouche de travers qui hurle de douleur, semble dépeindre une scène d’accouchement, la conséquence du péché de la chair. Les artistes simplistes et inhabiles des siècles de foi, nous le répétons, à défaut d’art, frappaient fort et montraient le vice dans toute sa laideur, pour en inspirer l’horreur. Mais ne dépassaient-ils pas le but dans certains de ces tableaux moralisateurs que la morale réprouve ?
Que doit-oii penser d’un contraste aussi frappant? se demande Th. du Moncel, dans le Bulletin monuinenlal. Nos ancêtres voulaient-ils, en retraçant matériellement sous les yeux ces obscénités, montrer la laideur des passions auxquelles l’homme est en proie et la turpitude d une chair corrompue ? Ou bien ne voulaient-ils pas plutôt, en mettant au dernier degré de la bassesse les jouissances qu’ils regardaient comme les plus vives en ce monde, faire ressortir celles que 1 on goûte auprès de Dieu ?
Saint-Lo. — En façade, divers sujets libres. Ici, un maître d’école frappe, de la main, le derrière mis à nu d un écolier indiscipliné.
Jean d’Arc portait des olTrandes aux druidesses et réservait sa \ir^iuité pour l une d’elles, avec qui il allait se baigner. « Le lendemain, raconte de Saint-Foix, l’auteur de ce récit, en s’eu retournant, il s’attachoit sur les épaules autant de coquilles qu’il s’étoit initié de fois pendant la nuit. »