‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 120 sur 183 · LUI. MORBIHAN · texte numérisé non relu

LUI. MORBIHAN

Malestroit. Saint-Gilles. — Une singulière acrobatie évolue au porche (fig. 370). Est-ce une Sàlomé serpentine, une ancêtre de la Loïe-Füller ou une simple fantaisie décorative ? Nous donnons et tirons notre langue aux svmbolistes.

Ploermel. Saint- Armel.

— Les sculptures de la façade latérale sont remarquables par la finesse de leur exécution et la bizarrerie de leur conception. Telles: une truie, les mamelles ballantes, joue de la cornemuse ; une mégère, non contente de porter la culotte, arrache le bonnet de son époux, et, d’autre part, un savetier coud la bouche de sa douce moitié, avec son alêne, pour immobiliser sa langue vipérine.

Fia-. 3G9.

Fig-,

Saint-Fiacre. Chapelle. — De nombreux détails, à sujets variés, couvrent 1 admirable jubé, en bois (1 iiO), et la frise qui surmonte la

i/aut i*iu)fam-: a i/é(imsi-:

claire-voie. « Ceux de gauche, au dire de Joaniie, sont trop cyiii(|ues pour être mentionnés » ; mais il signale queh[ues facéties satiriques de droite, justifiant le couplet « Moitié renards, moitié loups » : dJUl

Fig-. 370.

Fig. 370 bis et ter

Un loup, vêtu en moine et prêchant dans une chaire au pied de laquelle se tient un renard qui engage des poules à venir écouter le loup. Plus loin, le renard prend la fuite, poursuivi par les poules qui le piquent du bec. Le renard mort, les poules en font curée.

Les pendentifs du côté du chœur comprennent des personnages burlesques, à postures bizarres, qui supportent des sujets allégoriques, d’après M. Gayot-Délandre. Ce second tableau, par exemple, personnifie la Gourmandise sous la figure d'un gros homme repu, assis, les poings sur ses genoux, faisant d’affreuses contorsions pour restituer son superflu.

Kerentrecii-Loriext. — A l’extérieur, une représentation de la Luxure (fîg. 370 bis) nous avait été décrite avec plusieurs mamelles, comme Diane d'Ephèse, mais nous ne voyons rien de semblable sur le croquis communiqué par notre obligeant confrère Coulloch, exerçant dans la localité et qui en ignorait l’existence. Les seins sont à nu ; à gauche, un bras de libertin sans doute cherche à les atteindre et, à droite, au bas, un serpent s’abreuve à une coupe. Une autre statue de la même série des Vices, le Mensonge ou la Dissimulation (fig. 370 ter)^ porte un masque abaissé et exhibe une tétasse gauche munie d’un large halo. Est-ce pour indi-

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qiier la perfidie féminine qui attire riiomme par ses charmes^ puis ne cesse de l'asservir et de le trahir ? La pie, son attribut, manque.

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