Cf. VAiiüerrfne
CiiA.'NiHON. — Un chapiteau de la nef porte un l)as-relief, au thème écjuivoque. Pour Pabbé Groizet, il s’agirait d’une Circoncision ; on y trouverait plutôt, dit d’autre part M. Mallay, « une peinture obscène ».
Devine, si tu peux, et choisis, si tu l’oses.
Au cimetière de ce village, dans une chapelle funéraire, communément désignée sous le nom de Baptistère, M. le professeur Dourif a décrit — est-ce le motif en litige ? — un chapiteau grossièrement sculpté par un artisan qui ignorait les convenances C: les lois des proportions:
La Vierge mère y est représentée, assise ou assoupie, levant les bras en signe de frayeur, tandis que son fils, placé devant elle, sur ses genoux, exhibe un membre qui se dresse verticalement, d’une longueur démesurée, ce qui a pu induire en erreur un badigeonneur naïf, qui y a appliqué une couche de couleur verte, ainsi que j’ai pu le constater, il y a bien des années. L’opérateur, agenouillé au-devant du patient, tient de la main gauche l’extrémité du membre et brandit de la main droite un instrument dont les dimensions sont bien faites pour terrifier la mère. (Cfiron. inéd.)
ÜRCiVAL. — Trois chapiteaux de la crypte montrent des singes dans des atti- gp,.
tudes lascives, comme à Clermont-Fer- Jeanne de Bourbon (1521).
rand; mais une main chaste les a énergiquement martelés.
Mozat. — Un centaure et sa centauresse font bon ménage sous 1 abaque d’un chapiteau roman ; illustrations d’ailleurs convenables, quoique mythiques.
Lf:mpde. — Sa petite église romane n’est remarquable que par deux modillons licencieux, exposés à l’extérieur de l’abside, le lieu
i/aRT PH O fane a i/ église
(le refiig’e des obscena. Mérimée n’en ose donner la description (ju’en latin. Le premier représente :
Ilomunculiis, lonso capile, nudo cor pore, lOu^aXXov præ (jrandem oslentat manihusque tractai.
Senex quidam sedensy promissa harJ)â venerandus, muliehrem annulum ante pedes in imâ ma/a/L(modillon) parte exsciilptiim malleo ohtundit.
Prospère Mérimée fait suivre son rapport de ces réflexions judicieuses : (( Je ne sais si dans ces sculptures quelqu’un ne verra pas une allusion mystique. Ce sont, à mon avis, de très grossières plaisanteries, et le vieillard du second modillon me paraît jouer le rôle du chien du jardinier. »
Ennezat. — Ici encore, Mérimée dans ses rapports officiels a recours à la périphrase latine, pour décrire les deux modillons qui soutiennent la corniche de la nef.
Etenim, licet curatus Enneziacensis, mutidos istos casto malleo niiper obtriverit, quidquid prisons artifex, homo iiequam^ turpe finxerit nimis plane tique t. In primo rnutulo piierum vel puellam nates ostendentem aspicies ; in secundo verum, monachum, quem facile toga, cucullo, imo tonsura noveris, in dunes residentem, nudam mulierem arnplexum. Ilia capite demisso ante pedes monachi, cruribus in altum elevatis, poplitibusque humeris viri innixis, se mediam larnbenti præbet.
Y a-t-il là, se demande Mérimée, quelque allusion aux turpitudes d’un chanoine de l’ancienne collégiale, ou bien n’est-ce quhine polissonnerie du sculpteur? (( En vérité, plus je vois de semblables ordures, moins leur présence dans une église me paraît explicable ».