Anec. hisl. et rel. sur les Seins, fig-. 110 7)ù
(le (( sein tété
se trouve au Musée d’Anvers. N’est-ce
pas en
l’honneur de la portraiture de cette demi- Vierge, que Charles VI I, son fervent adorateur, composa cette galante devise?
Icy dessoubz des belles gist Teslite,
Car de louange sa beaulté plus mérite Estant cause de France recouvrer Qui tout cela que en cloistre peult ouvrer Close nonnain ny en clesert hermite.
Nous savons que Fouquet a reproduit le portrait de « la dame de Beauté » (sur Marne), dans plusieurs de ses compositions religieuses, V Adoration des bergers^ V Annonciation, etc. C’est un récidiviste d’attentat à la pudeur et aux bonnes mœurs, par le pinceau.
3® Saint-Sauveur. — La flagornerie du prieur de cette Abbaye prodigua sur les voûtes de son église, sous forme de fresques grossières (lig. 403-408), les armes parlantes et attributs de Diane de Poitiers. Tantôt, le croissant est seul (fîg. 405), circonscrivant une ligure de Phébé^ à’ Hécate ou de Liicinc ; tantôt, plusieurs croissants sont entrelacés, avec ou sans cœur (lig. 403,408). Une femme nue (lig. 404), les cheveux épars, un éventail démesuré à la main, est couchée dans la concavité d’un croissant monstre ; est-ce encore une Diaîic ou la Luxure ? C’est tout un, il est vrai. Un buste de roi ou de reine de la main gauche, sur un écusson, avec un cœur enflammé dans le champ. A côté, les ébats d’un dauphin semblent
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rappeler les amours de Henri II, avant qu il ne montât sur le trône. G. Leroy rapporte que Gelot, auteur de la Vraijc el par f aide science lies annoirieSj, a reconnu dans ce cétacé un bar, (|ui représentait Diane « parce qu’il fraye et décharge sa portée trois fois Lan » ; allégorie invraisemblable de Lamour fécond.
Mais que signifie cette levrette qui redresse la queue devant un coq, lequel redresse sa crête ? Est-ce le symbole de la vigilance de YEfflise en présence de ïllére'sie aggressive, ou Limage du j eune roi du peuple gaulois, en coquetterie avec une levrette fringante et
aguichante ? Ce serait du dernier galant.
Gomme le fait judicieusement remarquer M. Leroy, dans l’église paroissiale qui a été substituée à la collégiale, (( c’est partout la glorification de Ladultère royal ». Nous retrouverons d’autres exemples de cette apologie scandaleuse à Anet, Poitiers, Ecouen,
Fontainebleau, Vincennes, etc.
Fia-. 411.
3® Saint-Aspais. — Le rétable de pierre est illustré d’ Amours qui se poursuivent et se lutinent.
Champeaux. Saint-Martin. — Sur les stalles du chœur sont sculptés des sujets religieux, fantaisistes et satiriques. Tels, une « sirène » (fig. 409) ; une nymphe enrubannée, organes et seins accusés (fig. 410), et V Amour, ou plus exactement sa mère, tenant un arc et une flèche (fig. 411). On voit aussi un renard qui prêche les oies et un petit rustre qui s’applique à lancer un jet juvénile sur un
van (fi^. ij 2). Un auteur délicat trouve cette dernière scène (mIc^oûtante ». Hien de plus simple cependant; cet «acte naturel est un
proverbe en action, avec calembour : « Petite pluie abat grand vent ». butin, sur une miséricorde s’étalent deux personnages nus dont la signification nous échappe (fig. 412/)/.s).
Fi- 4 J 3-415.
Barheau. Abbaye. — Multitude d'ornements disparates, où le sacré se mêlait au profane. On y voyait des saints évoluer au milieu d’ Amours, de nymphes et de satyres (fig. 413,415) ; et, sur le grand autel, la peinture d'une femme nue, entre deux hommes sans costume, pouvant à la rigueur symboliser la Liihricitc. L’amant tentateur cherche à détourner de ses devoirs une épouse hésitante (fig. 413).
Qjiiis. — Son coquet portail est surchargé de figurines et basreliefs où dominent les académies, mais ces motifs sacro-profanes ont beaucoup souffert des ravages du temps.
1, D’après la phoLograpliic de M. F. Martiii-Sahoii.
FoNTAiM'HLEAr. Palais. — Lu Chapelle de la Trinité a eonservé, pour le tableau d’autel, une Charifé il 6) représentée sous les traits de Mme de Montespan allaitant un orphelin. Ce tableau était
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bien la note spirito-sensuelle des antres peintures décoratives de la chapelle, composées dans le g-oût de la Renaissance. On en jugera par une partie de la voûte (fîg. 417), où le nu est prodigué, sans la
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moindre retenue ni discrétion imposées par le voisinag-e de 1 autel .
Laony. — Bas-reliel en albâtre, 1 Annoncici/ion. La Vieig'e, a genoux, lit ses Heures à Lliitroït ; Gabriel, vêtu à la mode du temps, déroule un phylactère. En haut, le Père Eternel ouvre la bouche, d'où sort le pigeon procréateur, 1 oiseau de Vénus.
Quelles — Saint-Fiacre h — P no vins Le Lis. Abbaye des filles de l’ordre de Cîteaux -’.
1. On en trouvera tons les détails dans le ma^aiilique ouvrage de M. Rodolphe Penor, le Palais de Fonlainebleau, chez Eggimann, édit., boni. St-Germain, 100.
2. « Elle a passé le pont de Goiirnai, elle a sa honte bue », se disait d une femme aux mœurs légères. Ce dicton venait de la vie déréglée des religieuses de Chelles, qui passaient le pont pour rendre visite aux moines du prieuré de Gournai-sur-Marne.
3. Nef. Une grosse et ronde pierre miraculeuse, « s’amollit comme la cire » pour recevoir Rempreinte du fessier de saint Fiacre. Cette pierre de taille préserve de la taille ceux qui ont la pierre. Mais c’est surtout une pierre precieuse poui la truérison des hémorroïdes ; il sullit de s’y asseoir. La gogotte Anne d Autiiche lit un pèlerinage à cette église, dans l’espoir que saint fiacre combattrait sa steiilité ', mais son voyage et ses prières lurent vains. D ailleurs 1 épousé trop ciedule de Louis XIII s’adressait mal : ce saint misogyne ne voulut ÿimais recevoir de femme en son ermitage, de son vivant, ni dans sa chapelle, après sa mort. Il partageait vraisemblablement la manière de v'oir de Jean de Meung’, le continuateur du Roman de la Rose^ plutôt « rosse » à l’egard des lemmes de son temps, qu il invective de la sorte :
Toutes, vous êtes ou vous lûtes,
De fait ou de volonté, putes.
4. En dehors de la Fêle des Fous^ de celle des Iniiocenls et de 1 A/ie, qui lurent célébrées à Provins jusqu’au xvui® siècle, et qui étaient communes a beaucoup d’autres localités, les iJa/ises c/e saint Qniriace et de saiiiL Ihiband étaient lort en honneur dans cette ville. Pour la première, où l’on se taisait des pintes de bon sang et où l’on vidait ({uantité de pintes de vin, ollertes par le chapitre, nous avons des détails précis : « Le jour de la nativité de la Vierge, le vicaire perpétuel de Saint-Quiriace choisissait une des plus jolies tilles de la j)aroisse ; elle occupait, habillée en blanc, une place distinguée dans le chœur. Il la saluait, en chantant l’antienne Ave, Recfina. Après l’antienne, il la prenait par la main et, couvert de sa chape, il la conduisait devant le portail de l’église ; et la, il commençait a danser avec elle. Cette danse était suivie de scandales, de dissolutions, ([ui déterminèrent, en 1710, le chapitre à l’abolir. »
5. L’église de ce monastère, à une demi-lieue de Melun, possédait le cilice et la discipline c[ui servirent à saint Louis, pour mortitier sa chair.
La chronique scandaleuse raconte c{ue le Vert-Galant — • lecjuel n’embrassa pas cjue le catholicisme — allait souvent visiter l’abbaye et surtout l’abbesse du Lis, Catherine de la Trémouille. « 11 demanda un jour à cette dernière combien de religieuses habitaient le Lis, et combien elles avaient de directeurs ? L’abbesse satisfit à ces deux demandes. Henri IV lui témoigna sa surprise de ce que le nombre des religieuses excédait celui des directeurs. Votre étonnement est assez juste, répondit ingénument l’abbesse ; mais Votre Majesté ne sait pas qu’il en faut (|uel(jues-unes pour les survenans : ce qui ne pourrait s’arranger si chacune avait le sien. » Cf. Remarques de Diiclial sur le chai), viii de la confession de Sanci, Journal de Henri III, tome v, pag. 270 et 277.
i/aUT I'ROKANK a l/É(iLISi:
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Versailles. Notre-Dame E — A l’un des piliers est fixé un grand
médaillon de marbre, qui représente une savoureuse Marie-Madeleine^ en peau, jusqu’à la taille. Elle amène sur ses formes potelées le voile de son abondante chevelure. Jamais ciseau de sculpteur ne modela des contours plus voluptueux.
On y remarque un tableau de Jean Restout, Saint Vincent de Paul prêchant ; le peintre figure parmi les auditeurs, du coté gauche. Immédiatement au-dessous du prédicateur s'olfre, de face, le corsage béant et fort bien garni d’une gracieuse et grassouillette paroissienne, sans doute Mlle Legras — la bien nommée — coadjutrice du vaillant propagandiste ? Rien n’indique d’ailleurs qu’il y ait ici une allusion à la scène du fameux sermon dont parle Mme de Genlis : '
Lorsqu’il lit entourer sa chaire par les nourrices des enfants trouvés, tenant ces pauvres enfants dans leurs bras, qui, se mettant à crier, inspirèrent au saint le plus beau de tous les mouvements d’éloquence, quand s’interrompant lui-même et s’adressant aux dames qui l’écoutaient, il leur dit : « Ihitendez-vous, Mesdames, les gémissements de ces innocentes créatures. C’est vous qu’elles implorent... »
L’institutrice des enfants du duc d’Orléans s’étonnait que la peinture n’ait pas traité ce sujet de tableau, et elle fut doublement écoutée. En effet, le peintre d’histoire Delà roche y est revenu et il a fort bien rendu les détails émouvants d’une telle prédication (fig.418). Mlle Legras figure toujours au premier rang des auditrices, dans son décolleté habituel. Gomme elle tourne le dos au public, elle se présente au prédicateur par son côté le plus attrayant, mais le moins modeste, et oblige l’orateur sacré à promener ses regards sur des organes lactescents, qui sont du reste l'objet de son prône. Tout auprès d’elle, une nourrice allaite son nourrisson, mais la tête du bébé cache la « tette » de la mercenaire, la décence est rigoureusement observée. Rappelons cjue Mlle Legras fut la fondatrice des Sœurs de charité^ les admirables zélatrices de l’œuvre des Enfants
trouvés.
A Saint-Séverin, de Paris, coration de la Chapelle de
M. Jules Richomme, chargé de la dé- Saint-Vincent-de-Paul, reproduit la