‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 147 sur 183 · I. ART PROF AXE · texte numérisé non relu

I. ART PROF AXE

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était fort en honneur à la fin du xviii'" siècle. Nous savons niêine, par un dessin de Saint-Hlaise {Tour du inonde^ 1850), (jue ce jeu

constituait un divertissement très ^oûté au camp de Sjordalen^ en Norvège. Deux soldats entrelacés forment un ensemble hintastique, une sorte de quadrupède qui change de pattes à chaque culbute (fîg. 432). D’après Dulaure, on pouvait voir à Yerberie, près de Gompiègne, un jeu à peu près semblable; c’était le jeu des tombereaux on nomma plus

tard àossautriaux.CAO divertissement subsista en France jusqu’à l’époque de Charles Y1 h Sur notre miséricorde, les formes du personnage antérieur sont si accusées qu’il paraît entièrement nu.

Fig-.

usés se refusaient au travail pénible auquel sont condamnés ceux dont le dos sert de théâtre pour ce ridicule jeu. Ses plaintes et scs jureinens amusèrent autant le Prince que la bizarrerie des postures. »

1. « L’adresse du sautriau consistait à entrelacer sa tête, scs bras et ses jambes de manière que son corps prît la forme d’une boule ; il se précipitait ainsi du haut de la montagne, et se trouvait sur ses pieds au bas de cette même montag-ne ; quelquefois le jeu du sautriau se faisait à deux personnes ; alors les deux sautriaux plaçaient chacun sa tête entre les jambes de l’autre, s’entrelaçaient les bras et formaient ainsi la boule. »

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i. \: Evoque dos Fous, prosterné, tient une marotte en guise de crosse.

O. Un homme nu, dont les organes sont mis en évidence, est dévoré par un gritron. C est, si 1 on veut, la punition de la Euxurc .

Yi^. 426-431.

N° G. Les rats de rZ/eVé^fc rongent de toutes parts le monde catholique ou la papauté.

N® 10. Un apothicaire triture une mirobolante panacée dans son mortier.

12. Le diable dompté par la Femme : une courtisane tient sous sa puissance, non pas un singe, comme le veut Millin, mais le démon, à qui elle scie la tête. Ce n’est pas non plus une scène de sorcellerie, ainsi que l’indique Thomas Wright, en reproduisant la ligure de Millin. Sur un accoudoir d’une stalle d’Amiens, la femme, armée d’un grand coutelas, fait à Satan une large entaille dans le dos, tandis qu’à Saint-Martin-aux-Bois (Oise), elle scie en deux le corps du démon. Moins sanguinaire, sur l’une des stalles de l’église de risle-Adam, elle traîne le diable par une corde attachée au cou (fig. 438 ter).

Les montants des sièges des olïiciants, côté de l’épître (fig. 433- 43Gj, sont ornés d’arabesques et enjolivés d’amours ailés, munis de leurs attributs païens, bandeau, arc et flèches. On y voit aussi un

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cartel, formé (11111 coeur appuyé sur un carquois et un arc, entrecroisés, et d’autres « emblèmes amoureux ».

Ces ornements profanes datent nécessairement de la Renaissance.

Montmorency. — Chœur. Patience, de la même époque vouée au culte du nu : buste de femme (la Lubricité) ag-rémeiité de deux mamelles attrayantes, les armes les plus meurtrières de la femme, de vrais boulets de canon, destinés au massacre des têtes et des cœurs (fig*. 437). Faut-il que le sexe fort soit faible pour subordonner sa vie à quelques livres de chair, plus ou moins fraîche !

Nef. Une verrière donne le portrait d’Anne de Montmorency, — homme brave, non brave homme, — d’après le magnitique émail de Léonard Limosin, exposé au Louvre, g-alerie d’x\pollon ; mais le (( vitrier » s’est g'ardé de reproduire le satyre et la nymphe, nus, qui, dans l’émail, ag-rémentent la bordure de l’encadrement, et c’est dommage.

Ecouen. Chapelle du Château. — Ancienne demeure du connétable Anne de Montmorency, dont le prénom pourrait s’écrire avec un seul n, car cette brute guerrière, cette béate bête fauve ne savait ni lire ni écrire L

J. « (7ctoit un vrai cacique, dit l’abbc de Longuerne, et capitaine des sauvages, dur, barbare, prenant plaisir à ral^rouer tout le monde, se croyant grand capitaine et ne l'étant point ; toujours battu et souvent prisonnier. Il avoit communiqué son orgueil à ses lils. Son papisme ne l’avoit pas empêché de s'unir au.x (]oligny, epumd il y avoit trouvé son compte. » Du vivant de Henri II, en compagnie du duc et du cardinal de (jiiise, il était très assidu à la « basse-cour » de Diane de Poitiers ; (( ils alloient comme poussins sans ailes et à la snite de la poule » ; mais ces vils courtisans lui tournèrent le dos dès ((ne la « coc<»tte » eut jîerdu ses œufs d'or. Ce reître ne justifiait guère la devise qu’il avait choisie : A])l;uios ; mais, par contre, il ne pouvait mieux choisir })our retraite (|ue le château <!' Ecouen.

Nécessairement très dévot, il disait ses c Pater » tous les matins et jeûnait tous les vendredis, (ie pienx des()ote « appelait ânes, veaux et sots », assure Prant(*)me, les gens de justice qui ne partageaient pas sa manière expéditive de juger. C.e ca|)itaine « bride-blanc », surnom ((ii’on lui donnait et ((u’il méritait (dus ((ue celui de « Caton de la (hmr », ((ne ((uel((nes écri^•ains courtisans lui décernèrent, était d’avis de convertir les Huguenots à coiqis d’ar((uebuse. Envoyé â Bordeaux j)Our la (lacitication de la ville, il lit pendre un Bordelais, de dix en dix maisons. Parmi

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Sa fastueuse demeure, aussi luxueuse (|ue luxurieuse, j)ar les décorations et objets d’art qu’il y avait accumulés, répondait à son

esprit brutal et à ses mœurs de corps de garde. » Lorsque les jeunes filles de la Légion d'honneur vinrent habiter le • château, raconte le chanoine xV. Gallet, on dut, par décence, dérober à leurs veux certains décors : on recouvrit de boiseries légères les frises des grandes salles, les poutres des plafonds et les trumeaux des cheminées. » Toujours la « Précaution inutile » du BarLier de Séville : les oiselles qui en pensent plus qu’on ne pense et ne tiennent, qu’en public, les regards et les jupes baissés sont légion.

A Ecouen donc, les vitraux de la chapelle elle-même, peints en grisaille, « étaient impudents à faire rougir Rabelais », écrit Michelet. Ils glorifient les amours de Psyché^ d’après le récit des IV® et V® livres de V Ane mort^ d’Apulée, et d’après les cartons de Raphaël. Pour Didron, ces vitraux profanes se trouvaient dans la galerie qui conduisait à la chapelle. « C’était, on en conviendra, ajoute cet archéologue émérite, une assez singulière antichambre de chapelle, un porche d’église passablement étrange que ce mariage de h’âme et de la volupté ».

Nous avons vu, à Chantilly, une Sainte Agathe qui tient son sein coupé au bout des cisailles ; cette peinture provient d’une autre verrière de la chapelle d’Ecouen.

Sur un panneau des boiseries de ce même sanctuaire était sculptée

Fiü-. 437 his.

les condamnes sc trouvait un magistrat, Lcstonat. Sa femme, jeune et l)elle, vint implorer la grâce de son mari. Le « Caton de la Cour » lui donna à entendre qu'il la lui accorderait en échange de son honneur, et rendez-vous fut pris pour la soirée. A])rcs a\oir passé la nuit avec cette résignée, il lui montra, sons ses fenêtres, le corps de son époux qui sc balançait à une potence. L’clfusion de sang, malgré le précepte de FEcritiirc ; « Tu ne tueras j)as » a toujours été juxtaposé à l’infusion de la grâce : saint Paul cssorille Malchns ; Jules 11 \eid être

représenté sur son tombeau une hache â la main ; saint IIip|)olyte lient une épée et saint Michel ne ({uitte son glaive flamboyant (pic pour prendre une picjue.

Si:iNI‘>E T-OISE

line lî^iire décolletée, avec frisettes ou « anglaises », d un sexe é({uivoque, ([ui peut tout aussi bien représenter Saint Jean VEvan- (jélistc, avec son aig'le, comme celui du toml)eau de François ([lie Léda, avec son cyg'iie altier (lig^. 437 bis). Les ([uatre Evangélistes crFcouen, compris ce saint Jean rédig'eant le pathos de V Apocalypse dans File de Patlinios, sont maintenant exposés au Musée de Cliantillv.

Un somptueux mausolée d’Anne de Montmorency et de son épouse, Madeleine de Savoie, dû au ciseau de Barthélemy Prieur, ornait, avant î)3, Pég-lise Saint-Martin, de Montmorency ; quelques débris sont venus échouer au Louvre, la statue de la Eoi^ par exemple, qui tient une croix d'une main, et, de Pautre, un coeur ailé.

Dans Pég-lise des Célestins de Paris, s’élevait un autre monument funéraire, renfermant le cœur du connétable. Ce monument avait la forme d’une colonne supportant une urne ; on voyait devant le piédestal trois statues en bronze, la Paix, la Justice et V Abondance . Que peut-on demander de plus ironique * ?

L’Isle-Adam. — Une diablerie audacieuse se détache des voussures du portail (lîg*. 438 j. Ce motif paraît allégoriser la Luxure,

1. Voici enfin fépitaphe, sorte de gageure, longue et boursouflée, que Amadys Jamyn composa pour le connétable :

CY-DESSOUS GIST UN CœUR PLEIN DE VAILLANCE,

UN CœUR d’honneur, un CœUR QUI TOUT SAVOIT ;

CœUR DE VERTU, QUI MILLE COEURS AVOIT ;

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