Cf. Monographie par P. Baiiclry
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Un médecin, revêtu d’une robe fourrée, tâtait le pouls de la parturiente.
Vitraux restaurés. Saint Vincent y paraît plusieurs fois, dans un état de nudité complète, pour subir les phases de son lon^^ et cruel martyre.
Mais la plus curieuse des verrières est la troisième du second collatéral Sud du chœur. C'est un sujet allép^orique, à la g-loire de Marie immaculée, figuré par trois vastes compositions ou chars de triomphe qui déblaient par la ville à diverses manifestations civiles ou religieuses. Au registre supérieur, on voit le cortège de VEtat (V innocence ; à l’intermédiaire, le Rècjnc du péché et de la mort ; à l’inférieur, la Glorification de la Vierge.
Adam et Eve, à l’étage supérieur, personnifient V Innocence ; ils paraissent en peau naturelle et sont montés sur un char, traîné par \aFoi et lu Force ; V Espérance^ la Prudence, la Charité et la Sagesse ferment la marche. L’image de la Justice orne la bannière déployée qu’Adam tient à la main.
A l’étape moven, Adam et Eve sont détrônés ; ils s’efforcent, les mains chargées de chaînes, de dissimuler leur nudité. Les sept Péchés capitaux, comme au-dessus les sept Vertus, ont ici leurs représentants, mais dans un cortège de femmes, accompagnées d’animaux qui caractérisent la nature de leur vice représentatif. La Gourmandise, par exemple, enfourche un pourceau ; la Crédulité est accompagnée d’un lapin, « ce qui tendrait à démontrer, observe M. Ottin, que l’expression vulgaire poser un lapin est assez ancienne ». Toutes les personnibeations féminines, à l’exception de la Douleur et du Travail, qui traînent le char du Mal, sont élégamment costumées et n’ont de nu que la tête ; c’est, du reste, la seule partie que montre la Luxure. Le dessin de cette magistrale composition est attribué à Albert Diïrer, et certainement elle est digne de lui, mais l’essieu du char d’Adam porte une autre signature, difficile à reconstituer, dont le prénom est Jehan.
Au vitrail de saint Jean-Baptiste, première verrière du second collatéral Nord du chœur, Paul Baudry relève une inadvertance du peintre. Le précurseur a pour attribut un agneau et proclame la venue du l'iédempteur par ces paroles, retracées sur un phylactère: Ecee anus Dei. Anus pour Agnus!
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Au bas (l\m des vitraux des fenêtres inférieures du chevet, où le peintre distrait a couronné le Rédempteur (run nimbe non cru-
cifère, le donateur est représenté à Tétât de cadavre, déjà décomposé.
La même particularité s’observe sur Tun des vitraux de Tég-lise Saint-Patrice.
Sainte-Groix-Saint-Ouen. — Démolie en 1795. Sur le vitrail de Winnoiiciation^ Mercure venait offrir à la plus belle — pulchræ — une pomme, comme Paris le fît pour Vénus, au mont Ida.
8*^ Sainte-Groix-des-Pelletiers. — Supprimée en 1791 ; le portail seul existe encore dans la rue du même nom.
La Chapelle du Verbe incarné fut bâtie par un Espag-nol, Delos Angeles, originaire du Mexique. C’est dans cette chapelle qu’un tableau représentait, selon une vieille chronique, le miracle de l'image de Notre-Dame de la Guadeloupe, auquel cet hidalgo se trouva mêlé. Or, que représentait ce tableau? Etait-ce Thistoire rapportée par J.-B. Renoult^ au sujet d’une vache qui accoucha d’une image de la Madone? « La vache parla, écrit ce moine renégat, le bouvier étonné la frappa ; le coup fut si violent qu’elle fît une fausse couche ». Le lieu est devenu le rendez-vous de nombreux })èlerinages.
9« Les Filles-Notre-Dame. — Un bas-relief (fig. 489) provenant
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de cet ancien couvent, (|ui existait dans la rue du meme nom, aujourd’hui rue des Arpents, se trouve au Musée des anticjuités de Rouen (Galerie Cochet, n® 108) ; il représente une scène balnéaire
familiale, qui semble copiée sur le quatrefeuilles du portail de la Galande, et où se baigne une mère en compagnie de sa fille. Un fac-similé d’une ancienne gravure (fig. 490) montre le même usage, en Suisse. Jusqu’au xv® siècle, en France, en invitant à dîner, on offrait un bain avant le repas, l’apéritif hygiénique de nos pères. La maîtresse de la maison partageait le sien avec la personne qu’elle
Fig:. 492.
désirait honorer.
10° Saint-LÔ. — Une gargouille de ce prieuré disparu, jetait l’eau par les seins (fig. 491) ; deux autres gouttières gothiques portaient Adam et Eve nus : beau s’écoulait logiquement par les organes génitaux (fig. 492), tandis qu’à l’hôtel de Gluny, àParis,les eaux s’échappaient par l’orifice postérieur. L’existence de ces deux gargouilles normandes, « aussi originales qu’indécentes », a été affirmée par Dulaure, dans ses Envù'ons de Paris. Les religieux les ont fait supprimer.
Dieppe. Saint-Jacques. — Une gargouille, au buste de néréide, laissait écouler l’eau par ses mamelons; un triton, à barbe épaisse, lui tenait compagnie. Si les sculpteurs ont quelque peu abusé des fontaines ubérales, ils ont, par contre, été assez sobres de gargouilles
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à mamelles perforées, ce (jiii rend ces dernières d’autant plus intéressantes.
Un l)as-relief (Og-. 493,494), qui décore la frise du Trésor de la
paroisse, sous la voûte de la contre-allée du chœur, a fort intrigué L. Yitet, en raison des nombreux personnages des deux sexes, complètement nus, qui s’y trouvent. Or, ces académies n’ont rien de canoniques : l’artiste a voulu représenter des sauvages, indigènes des pays explorés, vers 1330, par les Dieppois, c’est-à-dire la Guinée (1304), les Grandes-Indes (1498), Terre-Neuve (1308), etc. Ces groupes n ont aucune corrélation entre eux ; ils offrent diverses images des mœurs et coutumes de ces primitifs.
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Offranville. — Sacristie. Sur l’un des panneaux (xvi*" siècle), est figurée une femme ailée (un ange?), tirant une autre femme nue (une âme?) d’une barque (à Caron?); il nous est diflicile d’interpréter le sens de cette scène énigmatique.
Une verrière ressasse la légende d’Adam et Eve, depuis leur création jusqu’à leur prévarication. « Le nu, dit Vitet, est supé-
1. Une des rares églises, en France, on persiste litnrgdqne et pndicpie de la séparation des sexes: côté comme aux enterrements et aux
encore l’ancienne coutume des dames, côté des hommes,
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rieurement étudié et d’un style qui rappelle l’école de Michel- An^^e ». Rappelons que c’est la création de riioinine ot de la femme (|ui inaugura la série des nus dans l’art chrétien.
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Fig. 495 ^
Gauderfc-en-Gaux. Notre-Dame. — L’abbé Sauvage ne peut identifier les personnages, « à peu près nus », groupés sous le
porche de droite. Pour nous prononcer, attendons jusqu’à plus ample informé. Mais à quoi sert la symbolique, si ses ini- ^4 . ^
liés II’}' voient que du
Autrefois, il existait un jubé fort remarquable ,,, , , ,
Fig. 49G. — D’apres Adeline.
surmonté d’un crucifix singulier, au pied duquel s’agenouillait Adam, « sans autre vêtement, dit l’abbé Gochet, qu’une ceinture de feuilles de vigne, et tenant, de la main droite, une coupe dans laquelle il recevait le sang qui tombait des plaies du Sauveur. Sublime allégorie de la Rédemption du monde ! »
La tribune de l’orgue, qui date de la Renaissance, est couverte de cariatides grimaçantes^ de génies « vêtus seulement de chaussures et qui se livrent à la danse », de chimères et de <( vrais amours », dit encore l’abbé Sauvage.
Portail septentrional. Au haut d’une colonne, un personnage nu, muni d’ailes membraneuses, armé d’une massue hérissée de pointes, est poursuivi par un monstre menaçant. Est-ce un épisode de la lutte entre les bons et les mauvais anges ?
Ghapelle Notre-Dame. Vitrail du Mai'fjjre de sainte Catherine , où la sainte est fustigée, dépouillée de ses vêtements.
Gaudebec-lès-Elfeue. — Eragment de sculpture obscène, provenant de Pancienne église (fig. 4t)b) ; il représente une sorte de Bacchus ithyphallique, à moins qu’il ne personnifie la Luxure ? En Normandie et en Bretagne, le culte du phallus était très répandu et