‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 171 sur 183 · VA R · texte numérisé non relu

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trouvent ù deux heures de Saint-Maximin, entre Aix et Toulon. (Test dans cette caverne qu^une lég’ende complaisante fait vivre Marie-Madeleine pendant 32 années.

Prenant, avec plaisir, dans l’ardeur qui la brûle Le fouet pour discipline et la croix pour férule L

Or, la sainte n’est jamais venue en France et a subi le martyre à Ephèse. Nous avons signalé à Moulins un vitrail qui perpétue le souvenir de ce pieux mensonge provençal, que le crédule saint François de Sale accepte et donne pour véridique.

Revenons à la sacrée grotte, en mettant à contribution les détails fournis par Ghaix :

Aujourd’hui une statue de marbre, à demi couchée, dans l’attitude de la componction et appuyée sur son bras droit, près d’un crâne et d’une croix, occupe ce réduit, protégé par une barrière qui ne s’ouvre qu’aux fidèles déchaussés. Cette statue, ouvrage de Houdon, enlevée au tombeau de Valbelle à Montrieux, a remplacé la statue primitive (1618).

Le mont Pilon, que la sainte extatique gravissait sept fois par jour, pour effectuer ses ascensions, sans le moindre aéroplane, est situé sur la montagne de la Sainte-Baume, à quatre-vingts mètres de la grotte, où la demi-vierge noyait, dans « l’eau de la résipiscence » tous les feux impurs de son âme. 11 existe sur le Pilon un monument du xiii® siècle consacré à Marie-Madeleine. Au sommet d’un pilier octogone, elle est représentée au naturel, emportée par quatre anges.

Saint-Maximin. — C’est le temple de la Vénus chrétienne, Marie- Madeleine, dont on montre le chef chevelu. Elle y est représentée sous toutes les formes dans plusieurs toiles : Noli me tangerc^ copie

1. Cette prose rimce est tirée de \a Madelaine an déserf de la sainte ^ Baume, poème chrétien et « spirituel » — c’est l’auteur, le père Pierre de S. Louis, qui l’assure. Ce carme lyrique y chante « une dame de marque, la grande pénitente, la plus amoureuse entre toutes les femmes » qui « le tint en travail », ’

Pendant neuf fois neuf mois, portée en mon cerveau.

Nous y relevons un vers amusant, à écho : la pieuse naïade, submergée par le torrent de ses larmes, « se fond et se confond» aux pieds du Crucifix et se demande :

Qui fut cause des maux qui me sont survenus ?

Vénus, répond l’Echo.

l’art profane a l’éolise

d’après une des tapisseries de Raphaël ; Sainte-Madeleine à la Sainte-Baume ; Sainte Madeleine repentante renonce à toutes les vanités de la vie, réplique du tableau de Le Brun (Louvre). Sans compter les peintures murales du xvii® siècle, en grande partie détruites, qui ornent l’intérieur et l’extérieur de la Chapelle Saint- Sidoine. Nous allions oublier un vitrail qui rappelle encore l’une des ascensions de cette accapareuse.

M. L. Rostan décrit une peinture sur bois (xvii^ siècle) des plus suggestives : Saint Sébastien, « entièrement dépouillé de ses vêtements », est attaché à un arbre et transpercé de flèches. (( Cette peinture, d’une exécution très inférieure, recouvre la grande figure du xv^ siècle qui y était représentée. » L’auteur de la composition primitive aurait été le prieur du couvent des dominicains de Saint- Maximin, André Abellon. Rien d’étonnant que le saint le plus nu de tous figure dans l’église consacrée principalement à la sainte la moins habillée.

Aux stalles, statuettes des Vertus cardinales et théologales, dont la Foi qui

... vient couver l’œuf qu’on a vu l’Erreur pondre,

et la Charité, sous les traits d’une jeune beauté allaitant un enfant qu’elle presse dans ses bras.

La Tempérance devrait écraser une coupe sous son pied, mais elle en tient une à la main, comme le ferait V Ivresse.

Sur un médaillon, le dominicain Vincent Funel, du couvent de Saint-Maximin, a sculpté l’écusson symbolique des religieux de son ordre : un chien qui porte dans sa gueule un flambeau et roule dans ses pattes le globe terrestre. Allusion au rêve prophétique fait par la mère de saint Dominique, pendant sa grossesse. Cette image était l’emblème de ce pourvoyeur bancal et féroce de l’Inquisition, l’émule des Torquemada et des Ximenès, d’exécrable mémoire.

Est-ce pour se placer sous la protection de cette sainte fornicatrice que les comtesses de Provence se faisaient porter à Brignoles, à l’époque de leurs couches ; d’où le surnom de Ville des enfants donné à cette sous-préfecture du Var ?

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