AIN
l^lle devint veuve au l)oiit d un an de mariag’C, puis épousa Philibert le Heau, duc de Savoie, cpii mourut trois ans après, hm venant de Belgique, pour activer les travaux d’une église voti^'e, elle se blessji au pied avec un éclat de verre; la gangrène s y mit et on lui en lit l'amputation. Afin qu elle pût supporter Popération, les médecins lui administrèrent de l’opium à dose trop forte; « l’ellet en fut si considérable quelle s’endormit pour toujours ».
Son mausolée occupe le sanctuaire de l’église qui fut la cause indirecte de sa mort. La gisante a les cheveux dénoués et les pieds découverts; le gauche porte la trace de la l)lessure mortelle. La jambe du meme coté manque à la statue de la table supérieure, comme pour rappeler la terrible opération, à moins que ce ne soit une rupture accidentelle du marbre.
Sa devise énigmatique, sorte de réplique à ses malheurs, est inscrite sur la frise du monument funèl)re :
Fig-. 173.
FORTVNE, INFORTVNE, FORT VNE.
A coté de sa sépulture est celle de son mari, le beau Philibert ; mais le gisant est nu — beauté oblige — et son tombier, Conrad Meyt, a choisi avec intention un marbre blanc sillonné de veines et de plaques livides qui contribuent à lui donner l’aspect cadavérique. Le monument est surmonté d’une profusion de petits Amours et, autour de l’édigie du prince se tiennent debout six gracieux Génies^ dont la nudité masque celle du personnage principal. En 1832^ d’après M. E. Gharvet, les séminaristes mutilèrent « les petits culs nus païens, aux ailes écourtées, qui montrent tout aux fidèles et au maître-autel ». Ces angelots indécents ont été restaurés depuis.
Au porche, curieuse statue de A nc/ré, suffisamment désha-
billé ; c’est le portrait, fait par lui-même, d’André Colomban, l’un des habiles « tailleurs d’ymaiges » de l'époque.
Signalons aussi une statue de Sainte Acjathe (fîg. 173), tenant en main les tenailles destinées à lui arracher les mamelles.
Les miséricordes portent des sculptures, dont plusieurs offrent un sujet plutôt vif. Le II. P. Pacificpie Rousselet, dans sa monographie de cette église (1826), en élude la description :
Le dessous des sièges est orné de petites figures grotesques, dont les
L ’ A H 1’ 1* U O l' A N E A L ’ É fl L I S I-:
idées sont souvent très plaisantes, mais (|ue nous n’en ICI (le décrire, parce ((ue la plupart de ces lij^mres de bizari’es ou inintelligibles.
treprendrons pas caprice sont, ou