III. — AISNE
Laon. L Saint-Eugène et Saint-Médard. — Portail. L’inévitable
Jiifjement avec damnés et démons variés. Plusieurs personnages nus, sans signification symbolique évidente, se jouent à travers les méandres des arabescjues et des feuillages des chapiteaux (fig. 174).
Fig. 175.
La Dialectique^ assise et drapée, a la taille ceinturée par un serpent qui remplace l’hameçon symbolique, attribut habituel de la figure.
Une femme-gargouille, échevelée, se fait remarquer par sa nudité absolue et l’adiposité de ses mamelles (fig. 175).
2® Saint-Martin. — Nef. Dans un pilier est encastré un bas-relief, où la Vierge, assise, donne le sein à Jésus. Devant elle est agenouillé un abbé, que saint Pierre, son patron, présente à la nourrice divine. Au-dessous de cette scène familiale, un cadavre dévoré de vers gît dans son cercueil. C’est celui de l’abbé Petrus de Ponte, vêtu seulement de sa mitre, avec cette inscription :
Vermihus hic donor,
Et sic ostendere conor Qualiter hic ponor :
Ponitur omnis honor.
Traduction de II. Ilavard, à qui nous empruntons ces détails : U ,1e suis, ici, livré aux vers et îiinsi me voilà réduit a etre 1 exemple de ce que Ton est dans le tombeau: là, il n’y a plus dTionneurs. »
3“ Saint- Quentin. — Un vitrail, du xvi*^ siècle, expose sainte Barbe presque nue, d'abord attachée par les pieds, la tête en bas, subissant la flag-ellation (fig-. 176), puis
assise, pour l’extraction des seins (fig-. 177).
l"" Saint-Vincent. — Etonnante verrière de la Fécond itéy qui orna longtemps Tune des fenêtres de Téglise (fig.
178)^; d’après un dessin de Langlois, communiqué par M. Deglatigny, de Rouen.
Fig-. 17G.
1. Nous avons lég-èrcment estompé le réalisme précis et vigoureux de cette figure, exposée durant des siècles aux yeux des fidèles.
CilAULY. — Signalons, avec l'ahbé Lenoir,<loux peintures murales
du sanctuaire, interprétant les passages suivants du chap. Xll, de Y Apocalypse :
t. 11 parut encore un grand prodige dans le ciel : c était une femme, revêtue de soleil, qui avait la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. — 2. Elle était enceinte et elle criait étant en travail et sentant les douleurs de l'enfantement. — 4. Un dragon s’arrêta devant la femme qui devait enfanter, afin que, lorsqu’elle aurait enlanté, il pût dévorer son fils. — 5. Et elle mit au monde un enfant mâle, qui devait gouverner toutes les nations.
Ces tableaux sont une copie fidèle des fresques de Saint-Savin, en Poitou, publiées par Mérimée.
JuMiGNY. — Une peinture murale symbolise la Volupté (fig. 179), sous la forme d’une néréide qui, de la main gauche, tient un poisson et, de l’autre, olfre sa mamelle à un animal fantastique, un lubrique prêt à succomber à la tentation de la chair : la luxure animalise l’homme. A moins que ce ne soit 1 image du Christianisme convertissant V Hérésie ; avec le symbolisme, il est toujours prudent de se ménager une porte de sortie.
Urcel. — Nous voyons sur les bas-relief des néréides (hg. 180), et des griffons (fig. 181) qui dévorent les seins d une femme de mauvaise vie ; rôle réservé, ailleurs, aux reptiles. G est le châtiment ordinaire de la Lubricité’^.