‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 40 sur 183 · VI. aube · texte numérisé non relu

VI. aube

Troyes. P Saint-Jean. — Sept remarquables bas-reliefs, datant de la Renaissance (J 530), surmontent l’autel du Saint-Sacrement. « Le plus surprenant par la fougue et l’originalité de la composition », la Restitution des trente deniei's par Judas, attribué à Jacques Juliot, nous olfre un groupe intéressant (fîg. 185).

Une mère, dans un costume d’une grande richesse, assiste avec curiosité à la scène de la restitution, tout en donnant le sein à son enfant.

Ce même personnage se retrouve, bien que moins luxueusement paré^ sur deux bas-reliefs de Saint-Nizier et de Saint- André, qui semblent avoir été ciselés par le même artiste. Dans le bas-relief de Saint- Jean, le grand prêtre s’appuie sur une table^ dont la paroi latérale est décorée d’un Mercure, d’une Vénus et d’une autre déesse, aussi nus qu’il convient à des habitants de l’Olympe.

Une Visitation en marbre exagère la saillie des seins et de l’abdomen de la Vierge, plena gratia, bien qu’elle ne fût qu’au troisième mois, époque où la grossesse n’est pas encore visible.

La porte de l’orgue est couverte de personnages et d’animaux fantastiques; l’un d’eux (fîg. 186) montre complaisamment ce qu’il devrait cacher.

i/aut puofank. — I.

i/aHT l'HOl'ANK A L K(ilJSI':

Saint-Maclou. — Pierre tombale unique en son ^enre : l’abdornen

Saint-Martin-ès-Vignes. — Chapelle de Sainte- Jule. Un des tableaux du vitrail reproduit la torture de la martyre. « Entièrement

deux chevalets, au-dessus d un nrasier anumt; sous son ventre. » Au bas du vitrail, cette inscription :

EXERÇA^’T CHARITÉ EN TORMENTE ON LA MISE POVR LVI FAIRE QVITTER SON DIEV ET SON ÉGLISE

Saint-Nicolas. — Bas-relief plaisant où des fous tous nus se livrent à des excentricités plutôt sales que salées (fîg'. 1S7 bis).

tP Saint-Pantaléon. — Kœchlin et Marquet de Vasselot, dans la Sculpture à Troyes et la CIuimpRyne méridionale^ au Al / sièele^ reproduisent une Charité, de Dominique, qui est curieuse par 1 attitude penchée du nourrisson, porté sur le bras gauche; c’est une trouvaille exQuise 188).

circonvolutions de rintestin grêle

(fig. 187); c'est du nu et demi.

3® La Madeleine. — Sur les combles, un animal fantastique muni de mamelles féminines. Au Jubé, une Charité qui ne se lasse pas d’allaiter debout.

nue, dit Le Glert, elle est attachée horizon talement par les pieds et par les mains k

sable Chnritc y lîi^ure encore sous deux aspects. Dans rime de ces représentations, elle allaite un enfant au sein gauche ; dans l'autre, elle abrite un garçonnet sous son manteau.

7^ Saint-Pierre. — Haut-relief de la tour méridionale : Samson (fig. 189) terrasse un lion sans mâchoire d’âne, la

sienne semble sulfîre. Le juge des Hébreux est absolument nu ;

il est lier de montrer à la galerie sa musculature atlilétioue et sa virilité.

l'art l* RO F a ne a l’é(;lise

Saint-Urbain. — Portail. Bas-reliet satirique rajqjelant au mauvais riche, à l’évêque prévaricateur et au tyran de ses sujets, l’égalité dans l’application des arrêts de la justice divine (lig. PJOy.

Nombreuses gargouilles d’une variété surprenante ; l’une à l’abside représente une belle femme nue ( lig. 191 ). Avant le xiiF* siècle, ces gouttières consistaient seulement en buste ’ puis, on ligura des corps entiers, surtout à l’époque de la Renaissance.

Noc.ent-sur- Seine. — Renoir décrit, dans son Musée des Aikjustiiis^ un fragment du monument exécuté sur les dessins de Philibert de Lorme (fig. 192) et qui servait de clôture k la cour sur laquelle s'ouvrait cette ancienne église. On y voyait quatre niches garnies des figures en marbre de Bstcchiis enfant, de Dictiie^ de Venus et

de Gérés.

Les chiffres de Diane y sont encor tracés, comme sur les églises de Magny, Gisors, etc.

Le Paraclet. — C'est dans ce monastère, fondé par Abélard, que mourut et fut enterré l’amant d’Héloise, châtié et châtré par Fulbert- Bartholo, qui, en la circonstance, se conduisit comme un vulgaire coupeur de bourses. Le mausolée de l’émasculé passa ensuite a l’église de Nogent-sur-Seine ; puis, en 93, à 1 Elysée du Musee des Monuments français, où Renoir le maquilla et d’ou il fut transféré au Père-Lachaise. L’épouse d’Abélard, Louise ou Héloïse, lui survécut vingt ans, selon la règle ; la figure de sa statue a été modelée sur le médaillon sculpté k la façade de la maison de son oncle, au cloître Notre-Dame, non loin de la « Motte-aux-Papelards », où le personnel de la M^etropolitaine « s esbaudissait ».

Rouilly-Roncenay. — Du rétable (xvff siècle) nous avons détaché un détail relatif k la vie de saint Laurent : des diables et diablesses en costume de l’emploi se jouent au bas de l’arbre où le saint

s’est réfugié (fig. 192 /us).

Rosnay. — Plusieurs des chapiteaux de l’église basse sont historiés d’animaux fantastiques et de personnages nus. Celui de 1a

Fig-. 192.

figure 192 icr semble personnifier le Mal ou le Vice vaincu par le Bien ou la Vertu.

L Airr PROFANE A I. ÉOMSE

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