VIII. AVEYHON
IxODKZ. Cathédrale. — Façade occidentale. Au bas de la tour nord-ouest, d’une fenêtre aveui^le sort une ligure symbolique (tig. I9bj, que nous empruntons à la monographie de M.
Bion de Marlavagne et à la- (luelle M. de Gaujal, dans ses Etudes historiques sur le Rouerf/ue, consacre plusieurs pages.
Pour cet éminent historien, qui d’ailleurs donne son opinion comme une simple hypothèse, nous aurions là une représentation de Ruth, la fameuse divinité érotique desRuthenois.
M. Rion de Marlavagne n’est pas satisfait de l’iconographie de la chaire à prêcher, en marbre et plâtre :
\j’ Hérésie^ dit-il, que la chaire de Vérité est censée écraser, me paraît étrangement fig-urée par un personnage aux formes athlétiques et du sexe masculin. Il porte aisément son faix ; il le porterait double au besoin. Surtout, je ne le trouve pas suffisamment vêtu pour les yeux trop rapprochés des lidcles. Et la statue de la Vérité^ faite de plâtre et placée en triomphatrice au sommet de fabat-voix, peut-on voir rien de plus maigre, de plus sec et de plus insignifiant !
De même, l’ironiste Mérimée trouve cette statue <( hautement » symbolique: « Elle est laide et ridicule, dit-ib comme la Vérité théologique elle-même. »
Les stalles du chœur sont richement décorées. Les sujets de leurs patiences sont tirés du règne végétal ou animal. « L’homme, dit M. Bion de Marlavagne, paraît, deux ou trois fois, en des situations plus ou moins extraordinaires et qui font penser à ce que les archéologues nomment des ohsceiia^ si familiers aux huchiers flamands. » Les défenseurs de l’Eglise les excusent et en font autant de symboles de la Luxure^ grâce aux (( accommodements avec le ciel ».
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slalles qui abritent les chanoines des eourants d’air et de riiuinidité. Les sujets traités sur ces sièges sont empruntés à la zoologie et oüVent un sens symbolique, ou bien ce sont des scènes familières, ou encore des tableaux fantastiques dans lesquels diables, satyres et
Fig-. 19G.
Fig. 197.
silènes tiennent une grande place. « Pourquoi, dit l’évêque Pierre Ghrysostome, de Ravenne, ces dragons^ ces masques affreux et toutes ces diableries, sinon pour faire peur aux enfants, faire rire les libertins et gémir les gens de bon sens sur le mélange impie de nos saintes cérémonies avec des extravagances païennes? » L’iconographie sacrée s'identifiait avec les cérémonies de l’Eglise et ne choquait nullement les fidèles.
Relevons encore les motifs singuliers dissimulés sous les miséricordes par les huchiers et ymagiers médiévaux, travaillant sous la direction d'André Sulpice, à qui sont dues, non seulement les stalles de Rodez, mais aussi celles de l’abbave de Loc-Dieu et de la Chartreuse.
Une néréide (fig. 196), symbole de la coquetterie et de la séduction, élève dans ses mains un miroir et un peigne L L'abbé Lafon“^ voit, à tort, dans ce dernier objet, une flûte de Pan et considère cette image comme celle de la fée Mélusine.
Le Sagittaire avec son arc tendu, est l'emblème de la Colère^
1. Les dénis du peigne sont horizontales et non verticales. On trouve un ]>eigne semblal)le sur une plaque de cheminée, d’art lorrain du xvn siècle, dans les galeries du Trocadéro.
2. lIislori([ue du chœur et iconologie des stalles de X.-l). de Vülefranche, 1889.