‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 85 sur 183 · XXXIII. — IIAUTK-VIENNE · texte numérisé non relu

XXXIII. — IIAUTK-VIENNE

Fig. 320. — Hercule. Aiitée et l’IIydre de Lcrne.

LiMOdEs. Saint-Etienne. Cathédrale. — Un magnilique jubé (1534) est orné de chimères et d’amours, avec les attributs de leur

sexe. Au soubassement, six bas-reliefs racontent les Travaux d' Hercule 320, 321), symbole de Force, l’une des Vertus cardinales.

Les pendentifs portent d'autres Vertus : la Charité donne sa mamelle droite à un indigent : la Justice et la Prudence ont le torse nu et les seins proéminents.

A propos de la représentation du héros de la mvthologie grecque sur un monument chrétien, l’abbé Auber fait observer que, loin de rejeter tous les types du paganisme, la religion catholique en adopta plusieurs comme allégories concernant la conduite de la vie ; tels, le labyrinthe, la fable de Dédale et d’Icare, et les travaux d’IIercule. Ce dernier mythe rappellerait aux chrétiens les luttes incessantes du coml>at de la vie. Mais que signifie la figuration à' Hercule à côté de Déjanire et de Nessus, le plus heureux des trois ? Est-ce un enseignement destiné à inspirer l’horreur de l’adultère ou à l’encourager ?

1. Le département des Hautes-Pyrénées ne nous olï’re qu’une particularité anecdotique. Les supérieurs de l’abbaye de Saint-Savin étaient renommés pour leur i^alanteric ; aux processions, l’abbé remerciait d’un baiser la plus jolie tille d’Argelès qui lui oITrait un bouquet. C’était alors le paradis des femmes ; elles avaient le droit au vote et étaient électives : un précédent en faveur des sujfriufelles.

Fi

f,. 321. — Hercule, Déjanire et le Centaure Nessus.

II AUTi:-V lENNE — HÉRAULT

A la clôture du chœur est adossé le mausolée de Jean de Langeai, agrémenté de seize bas-reliefs, les Visions de V Apocalypse^ avec les nudités qu’elles comportent. La statue en bronze de l’évêque, serviteur des canons de PLglise, a servi à la fonte des canons de la Révolution.

Fig. 322.

2® Saint-Martial. — Un vitrail de cette ancienne abbaye caricaturait Jeanne d’Albret, prêchant dans une chaire de la Réforme. Il portait cette légende satirique :

Mal sont les gens endoctrinés Quand par femmes sont sermonnés.

Ce fait d’observation est surtout d’ordre social : l’homme a toujours eu la faiblesse d’abdiquer devant « la chair », fût-elle celle d’une catholique, d’une juive ou d’une huguenote : la peau, voilà le principal oripeau, le talisman suprême de « l’éternelle constipée », du sexe cagneux et hargneux, de la belle et bête moitié du genre humain.

Fig. 323.

Saint-Junien-les-Combes L

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