‹ L'art profane à l'égliseChapitre 16 sur 97 · ALLEMAGNE A L S A CE - L 0 B R A 1 N E · texte numérisé non relu

ALLEMAGNE A L S A CE - L 0 B R A 1 N E

infusion, comme le veulent L. Palustre et X. Barbier de Montault, ce qui serait contraire au texte. Deux anges tendent une draperie

Fig. 51 his.

pour essuyer le seigneur à la sortie du bain et un troisième barbu tient sa tunique.

2° Saint-Mathias. — Trésor. Les émaux et plaques filigranées qui encadrent le tableau du xiii® siècle où est exposée la vraie croix portent de nombreux ornements païens. Sur un camée, on distingue le buste d’un empereur romain, Commode vraisemblablement; dans un autre, Didron reconnaît Romulus apprivoisant Taigle de Rome et X. Barbier de Montault, Ganymède abreuvant l’aigle de Zens. Des intailles montrent l’Abondance ou Gérés tenant des épis et la corne d’Amalthée, en compagnie d’Arès, d’Hermés et d’Eros nu, une coupe à la main ; on y voit encore un cheval marin, monté par un triton, évoluer au milieu d’apôtres, de saints et d'anges thuriféraires.

Ulm. Cathédrale. — Aux stalles du chœur, en stvle renaissance menuisées et sculptées vers 1469 par Georgius Surblin ou Svrlin, sont accrochées quelques indécences et grossièretés qui font des

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grimaces ou sont parfois inconvenantes. Mais elles sont plus rares que sur nos miséricordes de France^ celles d’Amiens, par exemple. En Allemagne, la qualité le cède à la quantité : ainsi, une femme échevelée lève ses jupons et un petit homme grotesque commet une « salauderie ».

Si, au xii"^ siècle, l’austère défenseur de la règle cistérienne, saint Bernard s se récriait déjà contre les tendances libertines de l’art laïque qui succédait à celui des moines et substituait l’allégorie satirique au symbolisme religieux, qu’aurait-il dit des caprices des décorations ornementales des siècles suivants?

A coté de ce dévergondage excessif du ciseau, de nombreuses figures en bois de femmes et d’hommes sont séparées dans le chœur, comme au temps de la primitive Eglise, et forment une étrange disparate. Le sexe féminin s'aligne sur trois rangs, à gauche ou au Sud et le sexe masculin, sur trois rangs, à droite ou au Nord. En regard des philosophes sont placées les Sibylles ; les Prophètes font face aux illustres juives, et les Apôtres aux Saintes. Tout de même une exception est faite en faveur des médecins, les saints Luc et Corne : ces privilégiés voisinent avec sainte Madeleine. La pécheresse démoniaque, possédée de sept démons, y est désignée sous le qualificatif de Fœcuncla, qui n’est pas latin, mais est mis là pour fecunda.

Indiquons une autre ^particularité qui ne plaide pas en faveur de la modestie des artisans d'autrefois, quoi qu’en dise la tradition : le sculpteur, une verge en main, s'est placé à la tête des philosophes pour les diriger et a mis sa femme, arrogante, à la suite des saintes femmes pour les surveiller.

Weciiselburg (Saxe). — Les chapiteaux de Péglise du monastère d'augustins de Zschillen, fondé en 1174 par Dedo le Gras^ sont ornés de figurines grotesques. Dedo, le dodu, y fut enterré avec son épouse, après une mort singulière : désirant suivre Henri VI dans son expédition en Italie, il voulut se débarrasser de sa corpulence et se laissa enlever, par le médecin du couvent, charcutier à ses heures,

1. « Dans les cloîtres, s’écrie ce saint, à quoi servent ces monstruosités ridicules, ces admirables dilTormités ?... Grand Dieu! si l’on n’est pas honteux de tant de lutilités, comment du moins ne pas regretter tant de dépenses ! »

ALLEM A(1NK

ALSACE-LORRAINE

la graisse qui le gênait : Dedo perdit sa panne et la vie en même temps ^

1. Nous rassemblons ici divers documents figurés qui appartiennent à des édifices religieux de l’Allemagne, mais dont nous ne pouvons autrement désigner l’identité. Tels : une gargouille (fig. 52) provenant d’une église Wende et reproduite par Grand Carteret dans scs Images galantes — elle jette l’eau par la fente équivoque d’une tire-lire — et plusieurs motifs détacliés de viti-aux, une famille de satyres (fig. 55), une cariatide à buste suggestif (fig. 54), un évêque qui est accompagné d’une oie (le démon) et porte un calice d’où surgit, non la couleuvre symbolisant le poison versé à saint Jean, mais une femme nue, la croix à la main (fig. 55). Notons enfin les

armes sépulcrales d un eveque agrémentées de deux chimères mamelues (fig. 55 his

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