On en trouvera le dessin dans l’/Z/ç/ rio /’o../ / i i
• Jiist. (le i di t en Allem., t. ii, p. 353 U.
l'art profane a i/église
d'amours, d’un triton et d’une néréide ; elle allégorise le paganisme (( avec ses désirs charnels ».
Il ne serait cependant pas impossible, cjuoic|ue ce fut un lait étrange et peut-être unicjue, de rencontrer dans la naissance de Venus le symbole d’un mystère chrétien. Nous voyons souvent le soleil et la lune dans des représentations chrétiennes, nous y voyons Tellus et l’Océan ; nous y rencontrons aussi la visite de Jupiter a Sémele et à Danae comme symbole de l’immaculée conception. La naissance de Vénus de l’écume de la mer, une naissance sans conception, pourrait bien avoir été prise pour le symbole de la naissance du Christ qui, par la seule volonté du Tout-Puissant, est né de la Vierge éternelle.
Parmi les reliques plus ou moins authentiques que le clergé de Notre-Dame exhibe à l’admiration des fidèles, il nous faut mentionner les langes purs, langes radieux ! du divin poupon et le drap qui ceignait les reins du Christ sur la croix. Or, vous le savez, les légionnaires romains se gardaient bien de donner du linge aux suppliciés, puisque eux-mêmes en étaient privés. Si, d autre part, on admet la tradition selon laquelle la Vierge détacha le voile qui enveloppait sa tête pour en couvrir son divin Fils^ comment un voile transparent a-t-il pu devenir un (( drap » ^ ?
Nous continuerons à signaler, chemin faisant, les tableaux reli-
1. On montre anssi une relique anatomique, le bras de saint Charlemag:ne qui, d’après le récit de Sophie Gay, serait une jambe. Lors de la visite de l’empereur a la cathédrale d’Aix-la-Chapelle, ce bras fixait particulièrement son attention ; i demanda à Gorvisart à quelle partie de ce bras formidable appartenait ce grand os conservé sous verre depuis tant d'années. « A cette question, Gorvisart sourit et garde le silence ; mais, interrogé de nouveau, il répond à voix basse que cet os est un tibia, qu’il appartenait peut-être à la jambe de Charlemagne, mais qu il n a jamais fait partie d’aucun bras. - Eh bien, gardez cette decouverte pour vous, dit l’empereur, il faut respecter tous les prestiges. -> A cette epoque, la porte de l’armoire de fer qui contenait les reliques de la cathédrale était niuree et on ne es
montrait au peuple que tous les sept ans.
Dans la première moitié du xviiV siècle, on montrait donc les reliques tous les sept ans et du haut d'un clocher, suivant le récit du baron Pollnitz ; de sorte que les pèlerins, couverts de leurs coquilles d’huitres et munis de leur gouide attributs parlants — ne voyaient absolument rien de ces merveilles ; ils pelerinaient pour le roi de Prusse. La montre de chaque pièce était accompagnée d une proc amation .. faite par un prêtre. Citons celle de la plus précieuse des reliques, « la chemise » que portait la Vierge à la naissance de Jésus ; « On vous montrera bnge le saint vêtement, duquel la Sainte Vierge Marie de Dieu étoit ve ue en a nui c c sainte Nativité de Notre Seigneur, lorsqu’elle enlanta de Jesus-Ghris , vrai homme ; c'est pourquoi, prions Dieu que nous puissions legai er ce sc Relique d’une telle manière, que l’honneur et la gloire de Dieu en soit augmentes et que nous puissions obtenir sa grâce et sa sainte bénédiction. •>
A LLEM Afi NE
ALSACE-LORRAINE
g-ieiix des Musées qui, le j^lus souvent, proviennent d’anciennes églises. A ce titre, ils peuvent revendiquer leur place dans notre inventaire. Par ailleurs, les édifices du culte ne sont-ils pas aussi, pour la plupart, de véritables musées de l’art chrétien ?
Nous ne voyons à la galerie de l’ancienne capitale de l’empire de Charlemagne que les Damnés de Rubens, tableau où le maître flamand s’est plu, selon son habitude, à peindre des chairs féminines aliondantes et redondantes.
Augsrourg. P Cathédral©. — Un des bas-reliefs d’une porte d airain donne une représentation de la Naissance cfÈve, unique par l’étrangeté de son anachronisme : la Vierge Marie crée la première femme et la tire elle-même du thorax d’Adam. Cette scène obstétricale n est pas banale ; la Vierge transformée en sagefemme ! A Florence, ce sont deux angelots qui remplissent cet office (fig. 7 Lis).
Saint-Alrich et Sainte-Afra. — Sur le portail en bronze est sculpté un centaure qui vise un lion avec son arc ^ ; sans doute une figure du Sagittaire, le neuvième signe du Zodiaque?
Kotzebue, en 1806, a remarqué dans cette église catholique, adossée à un temple protestant, un Jugement dernier d’une imagination singulière. C’est d’ailleurs le sujet qui permettait le mieux aux artistes de se livrer à leur fantaisie et de se laisser entraîner par elle jusqu aux dernières limites de l’extravagance ; tels les Jugements de Michel-Ange — le plus fameux de tous — à la Sixtine, de Signorelli à Orviéto, de Pontorme à Florence, de Lucas de Levde et de Bosch en Hollande, de Jean Cousin au Louvre, etc.
Fig. 7 his.
Cf. Bull, mon., t. 20, p. 545.
l’art profane a l’ÉCxLISE
Voici les réflexions que le tableau licencieux d’Augsbourg suggéra au célèbre littérateur allemand :
Pour exprimer, par une allégorie, que le péché de la chair mérite l’Enfer, on voit, entre autres, dans ce tableau une espèce de Laocoon serré dans les replis d’un serpent qui le mord impitoyablement à l’endroit qui, dans sa vie, lui procurait les plaisirs charnels ; un diable porte sur ses épaules une jolie femme, quoique damnée, et pour prouver que c’est par l’abus de ses charmes qu’elle a mérité l’Enfer, ce démon impur a sa griffe enfoncée précisément dans l’endroit qui donnait libéralement aux mortels les plus vives jouissances.
Ce châtiment de la lubricité dont Kotzebue est surpris revient
fréc|uemment dans l’exposition des scènes d’horreur des tourments infernaux.
Ironie du sort ! Un ancien couvent, devenu la Galerie de peinture d’Augsbourg, abrite le portrait d’une comédienne qui eut de nombreux adorateurs, Mlle Mars, peinte par Gérard. Cette Madeleine non repentie disait, en montrant ses diamants : « Ah ! si nos bijoux étaient indiscrets ! »
Bamberg. Cathédrale. — Portail. Nos premiers parents dissimulent leur sexe et en chassent les mouches à l’aide d’un grossier éventail à manche, dont les cuisinières se servent pour activer le feu (fîg. 8).
Chœur. Tombeau de Clément 11 (fig. 9). Les cjuatre faces de cet élégant mausolée sont consacrées aux Vertus cardinales, La Force en lutte avec un lion n’a que les bras nus, bien que la symbolique chrétienne paganisée et sensualisée par la Renaissance l’autorisât à découvrir amplement son torse. Par contre, la Prudence (fig. 11) peu prude dévoile en grande partie son buste ; elle tient par la gorge un dragon, succédané du serpent, « le plus rusé des animaux », au dire de la Genèse, La Justice ,, comme la Force,, n a de nu que ses bras séculiers. Quant à la Tempérance (fig. 10) au torse nu, qui opère et semble encourager le coupage des vins trop généreux, le tombier lui a réservé deux figures, « comme s il avait fallu, écrit
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Cahier insister sur une vertu, en certains lieux plus difficile ». Un personnage nu, un fleuve antique, assis sur un rocher, verse a flots
Teau de son urne et désigne du doigt ce breuvage comme plus salutaire encore.
Trésor. Le diptyque en ivoire servant de couverture à un évangéliaire manuscrit, offert par Henri II au chapitre de la cathédrale et actuellement à la bibliothèque de Munich, présente une riche et curieuse ornementation. Au-dessus de la Crucifixion^ sujet principal, paraissent Apollon, le dieu du soleil, sur son char à quatre chevaux, et Diane, la déesse de la lune, dans un quadrige traîné par